Soirée "Mauvais Genre" spécial Cult’n roll aux 400 Coups

Depuis cette rentrée, le cinéma Les 400 Coups de Villefranche a pris l’heureuse initiative de proposer certains vendredis des soirées « Mauvais Genres ». Hommage bien sur à l’excellente émission de France Culture, vivier de présidents du jury des Rencontres du cinéma francophone en Beaujolais. Mais aussi à ce cinéma de genre qui bien souvent, en période de vache maigre artistique, reste le refuge de la créativité.
Cette semaine, au programme, soirée Cult’n roll, avec à 20h30 Spinal Tap de Rob Reiner (USA / 1984 / 1h22), l’histoire du groupe de hard-rock britannique Spinal Tap à son heure de gloire. Les trois jeunes musiciens fougueux de cette bruyante formation rendent les filles folles et font salle comble à chaque concert. Le reporter Marty DiBergi, qui les a découverts et lancés, prend sa caméra et décide de filmer leur tournée. Une tournée pas comme les autres... Il s’agit bien sur d’une fiction, une parodie désopilante des clichés du genre.
A 22 heures, c’est le cultissime film des Who, Quadrophenia de Franck Roddam (GB / 1980 / 1h57), qui sera projeté en version restaurée. Inspiré de l’album du même nom, Quadrophenia se déroule à Londres, en 1964 et a pour héros Jimmy, pour qui être membre des Mods ne se limite pas à sa façon de s’habiller, de se gaver d’amphétamines ou encore de rouler en scooter. C’est avant tout un mode de vie…
Les deux films sont à voir au tarif unique de 9 €.
E.B.

Des nouvelles des 18es Rencontres du Cinéma Francophone en Beaujolais :

Organisées par l’association L’Autre Cinéma en partenariat avec l’ADECSE, elles se dérouleront du 11 au 17 novembre au cinéma Les 400 Coups, avec au programme des avant-premières, des débats avec cinéastes et autres professionnels du cinéma. Danièle Heymann, critique pour l’émission culte Le Masque et la plume sur France Inter mais aussi dans Marianne, présidera le Jury de spectateurs qui remettra son prix au meilleur long métrage de la compétition.
Il est d’ailleurs encore possible de faire acte de candidature pour ce jury. Il suffit pour cela de transmettre ses motivations et coordonnées par lettre ou courriel à l’association L’Autre Cinéma avant le 15 octobre.
Les Rencontres renouvelleront le partenariat avec la médiathèque Pierre-Mendès France et proposeront une rencontre mêlant littérature et cinéma en accueillant l’auteur et réalisateur Gérard Mordillat jeudi 14 novembre à 18 heures à la Médiathèque.
L’association L’Autre Cinéma finit actuellement de concocter le programme qui sera dévoilé le 19 octobre prochain

Doctor Doc & Mister Music

Du 19 au 25 juin, le cinéma Les 400 Coups propose un mini cycle de trois documentaires musicaux. Au programme, Marley, de Kevin MacDonald, Viramundo de Pierre-Yves Borgeaud, et Sugar Man, de Malik Bendjelloul.
Marley, comme on s’en doute, est un portrait passionnant et sans concession de l’icone du Reggae, truffé d’archives rarrissimes et de témoignages poignants qui permettent de mieux comprendre l’homme sous les oripeaux de la légende.
Co-produit par la France et la Suisse, Viramundo suit la tournée que le chanteur – et ministre de la Culture – brésilien Gilberto Gil a effectué dans l’hémisphère sud, de Bahia, aux territoires aborigènes d’Australie, des townships d’Afrique du Sud au cœur de l’Amazonie brésilienne.
Enfin, Sugar Man, est le film événement qui a permis la redécouverte du chanteur Sixto Rodriguez. Celui-ci avait enregistré au début des années 70 deux albums sur un label de Motown. L’échec est tel qu’on raconte qu’il se serait suicidé sur scène. Plus personne n’entend parler de lui.. Sauf en Afrique du Sud où, sans qu’il le sache, son disque devient un symbole de la lutte contre l’Apartheid ! Des années plus tard, deux fans du Cap partent à la recherche de “Sugar Man”. Ce qu’ils découvrent est une histoire faite de surprises, d’émotions et d’inspiration.
Depuis Sixto Rodriguez, sortit de l’oubli, a repris sa carrière où il l’avait laissé et a entamé une tournée, avec quelques dates en France. Semble-t-il sa prestation n’a pas été totalement à la hauteur des attentes à Paris. Mais c’est une autre histoire…
Bon plan : Les 3 films vus = une place gratuite valable trois mois au cinéma Les 400 Coups (sur présentation des billets payants de ces trois films)


A voir : Camille Claudel 1915 de Bruno Dumont

Pour ce long week-end de printemps, le cinéma Les 400 Coups propose comme chaque semaine une palette intéressante de films pour adultes et enfants. Parmi ceux-ci, deux œuvres particulièrement exigeantes à ne pas manquer : l’ultime long-métrage du cinéaste grec Théo Angelopoulos, décédé en 2008, La Poussière du temps, histoire d’amour et ample fresque sur le sens de l’Histoire de la 2de moitié du XXe siècle à nos jours. Et Camille Claudel, 1915, nouveau long métrage de Bruno Dumont.
Pour la première fois, le réalisateur a choisit une comédienne professionnelle et une héroïne connue de tous. Comme son titre l’indique, le film a pour sujet un moment de la vie de Camille Claudel. Un court moment, trois jours exactement, durant lesquels l’artiste, internée dans un hôpital psychiatrique près d’Avignon, attend la visite de son frère, Paul Claudel. Sur un tel sujet, on aurait pu craindre que Bruno Dumont s’égare… Mais non. Tout au contraire, son style âpre impose un dépouillement qui permet de se rapprocher au plus près de la vérité. En l’occurrence, c’est de souffrance qu’il s’agit et cela peut être éprouvant. Mais Binoche est éblouissante et le plaisir de voir une œuvre d’art, bien là.
A noter : le film sera l'objet du débat du "Cinéblabla" de ce mois, le 22 à 19 heures, au Blablathé, 195 rue de Thizy à Villefranche.
A voir au cinéma Les 400 Coups jusqu’au 21 mai.
Emmanuelle Blanchet - 7 mai 2013

Pluri’Elles, 1ère biennale des femmes au cinéma Les 400 Coups

Associé au Festival des Femmes en Calade, du 6 mars au 6 avril, le cinéma « Les 400 Coups » propose du 6 mars au 2 avril, Féminin Pluri’Elles, la 1ère biennale des femmes au cinéma. Au programme, 15 films documentaires ou fictions, réalisés ou non par des femmes, mais ayant toujours des femmes pour héroïnes. Issus de 14 pays différents - Grèce, Espagne, Chili, USA, Israël, Japon, Canada, Roumanie, Afghanistan, Arabie Saoudite, Belgique, Mali, Maroc, France – les films sont classés en cinq catégories : « Eternelles », Combattantes », « Portraits », « Au Pluri’Elles », « Elles sont d’ailleurs » et « Petits bouts de femmes »… pour les enfants, avec notamment le dessin animé des studio Pixar, Rebelle.
Parmi les films les plus notables, il faut citer Blancanieves, version surprenante de Blanche-Neige du réalisateur espagnol Pablo Berger, Wadjda de Haifaa el Mansour, premier film saoudien réalisé par une femme, Free Angela, documentaire de Shola Lynch présenté en avant-première et La Religieuse, nouveau film de Guillaume Nicloux, en sortie nationale. Par alleurs, le film israélien Invisible, de Michal Aviad fera l’objet d’une soirée débat animé par l’équipe de l’ADAVEM sur la thématique des agressions sexuelles sur mineur.
Dans le cadre du Festival des Femmes en Calade, de nombreux autres spectacles et animations se dérouleront, dans plusieurs lieux de Villefranche.

Le film de la semaine : Piazza Fontana de Marco Tullio Giordana

Milan, le 12 décembre 1969, une bombe explose à la Banque Nationale d'Agriculture sur la Piazza Fontana, faisant 17 morts et 88 blessés. Le commissaire Luigi Calabresi, chargé de l'enquête, s'oriente vers les milieux d'extrême gauche et d'extrême droite mais peu à peu, il a la certitude qu’il faut aller chercher les responsables dans les hautes sphères politiques…
Réalisateur engagé, à qui l’on doit notamment Une Fois que tu es né, sur l'immigration clandestine ou Nos meilleures années, fresque de plus de 6 heures qui parcourt plus de 40 ans d'Histoire italienne, Marco Tullio Giordana s’attaque cette fois à l’attentat de la Piazza Fontana qui fit 16 morts et 88 blessés, marquant notamment le début des "années de plomb ", et auquel Pier Paolo Pasolini s’était intéressé peu avant son assassinat.
Grâce à l’ouverture des archives, Giordana retraçe les faits de la manière la plus neutre possible. Mais ce qui aurait pu n’être qu’en docu-fiction pour la télévision échappe à cet écueil par la qualité de la mise en scène et la de photographie – due au directeur de la photographie Roberto Forza. Et c’est un véritable thriller politique dans la veine d’un Francesco Rosi que signe là Marco Tullio Giordana
A voir au cinéma Les 400 Coups jusqu’au 5 mars.
Emmanuelle Blanchet - 11/02/2013

Les 400 Coups programme La Nuit des forains d’Ingmar Bergman

Réalisé en 1953, La Nuit des forains est le treizième long-métrage du réalisateur suédois. Mais il est considéré par de nombreux critiques comme son premier véritable chef-d’œuvre. Récit de la vie d’une troupe d’artistes ambulants – le film se déroule lors d'une halte d’un cirque dans une petite ville de Suède et dont le directeur, Albert, songe à abandonner sa jolie maitresse Anna, pour renouer avec l’épouse qu'il a abandonné et qui habite dans cette même ville - La Nuit des forains montre en permanence l’amour du cinéaste pour les acteurs, la scène, le théâtre. De même, tous les thèmes que l’on retrouvera par la suite dans son œuvre sont présents, que ce soit la vie conjugale avec ses drames, l’incommunicabilité, mais aussi la représentation des visages marqués par la solitude, la peur de la mort, l’angoisse…
Evidemment tout cela peut impressionner ! Mais il faut dépasser son appréhension et aller voir ce film d’une image et d’une composition de toute beauté. Et ne pas manquer la mythique séquence du chemin de croix du clown Frost allant chercher, pieds nus sur des rochers, sa femme qui s’est baignée nue devant une troupe de soldats ricanants et vulgaires… A noter aussi qu’à sa sortie aux Etats-Unis le film fut présenté comme ouvertement sexuel, et rebaptisé "The Naked Night" (La nuit nue)
A voir au cinéma Les 400 Coups jusqu’au 5 mars.
Emmanuelle Blanchet - 11/02/2013

Tango Libre de Frédéric Fonteyne

Le cinéaste belge Frédéric Fonteyne nous revient après une longue absence – son précédent film La Femme de Gilles date de 2004 – avec Tango Libre, œuvre inclassable dont le titre dit tout. Comme la danse en question le film oscille, entre drame social et comédie amoureuse, avec une liberté de ton subtile et maitrisée. Où comment, par la « milonga », tango des bas-fonds de Buenos-Aires pratiqué par les mauvais garçons, la prison peut devenir lieu de liberté… Où comment une femme balance entre quatre hommes, son fils, son mari, son amant et leur gardien de prison…
Les corps sont magnifiquement filmés, les comédiens, François Damiens, Sergi Lopez et Jan Hammenecker sont impeccables et le ton est joyeux : que demander de plus ! Tango Libre, un excellent remède à la grisaille ambiante.

Les 17es Rencontres du Cinéma Francophone en Beaujolais


Bilan très positif pour les 17es Rencontres


Après la fête, vient le temps du bilan. Exercice plus facile à réaliser lorsque celui-ci est bon. Et c’est largement le cas pour les 17es Rencontres du Cinéma Francophone en Beaujolais.
D’un point de vue quantitatif tout d’abord, puisqu’avec plus de 4250 entrées la manifestation enregistre une progression de plus de 16 % par rapport à l’année précédente. D’un point de vue qualitatif surtout, avec une programmation qui a rempli toutes ses promesses, et des rencontres riches avec des invités passionnants. Difficile de faire un choix parmi tous les moments forts de cette semaine, du réalisateur Jean-Pierre Améris à Sandrine Bonnaire, qui a accepté de présenter deux fois son film et a répondu avec générosité et spontanéité aux questions des spectateurs. Sans oublier le comédien slammeur Hocine Ben, le producteur Eric Névé, le dessinateur Jung, le compositeur québécois Martin Léon, la jeune et prometteuse réalisatrice Alice Winocour ou le scénariste Gilles Taurand. Hors les murs, les rencontres avec l’écrivain François Bégaudeau ou avec Guy Brunet, créateur rêveur, ont aussi été de grands moments.
Mais à Cineartscene, nous choisissons tout de même : les interventions sur Amour, dernier film en date de Michael Haneke ou sur Après Mai d’Olivier Assayas du critique et président du Jury, Philippe Rouyer, simplement brillantes (A écouter ci-dessous deux entretiens avec Philippe Rouyer).

Philippe Rouyer


La Vierge, les Coptes et moi, prix du Jury 2012


C’est le très réjouissant film de Namir Abdel Messeeh, qui a remporté le prix du jury des 17es Rencontres du Cinéma Francophone en Beaujolais. Présidé par Philippe Rouyer, critique et historien du cinéma, le jury, constitué de huit spectateurs, a choisit La Vierge, les Coptes et moi à l’unanimité pour sa richesse sur la forme comme sur le fond.
Retenu par un autre festival, Namir Abdel Messeeh n’a pu venir chercher son prix, mais il avait réservé une belle surprise aux spectateurs : un remerciement filmé, comme un bonus à son film…
Lors de la cérémonie de clôture des Rencontres étaient présents Danielle Lebail, conseillère régionale, Bernard Perrut, député-maire de Villefranche, Jean Picard, président de la CAVIL, Jean-Luc Guénichon, adjoint à la culture, et Marie-Noëlle Toinon du Conseil Général. Tous ont renouvelé leur soutien aux Rencontres et au cinéma Les 400 Coups. Soutien bienvenu, alors que vient d’être choisit le groupe CGR pour l’exploitation du futur multiplexe de Villefranche S/S

La remise du prix du jury



C’est une fin de semaine riche que les « festivaliers » des 17es Rencontres ont pu vivre. Le dessinateur Jung a ouvert la danse jeudi avec le film Couleur de peau : miel. L'écrivain François Bégaudeau a pris le relais à la Médiathèque de Villefranche avec une conférence sur plusieurs de ses livres, dont La Blessure, la vraie, qui doit bientôt être adapté au cinéma par Abdelatif Kechiche. Il est ainsi revenu sur son rapport au cinéma et à la cinéphilie qui a toujours été pour lui le moyen d’échapper à un milieu littéraire quelque peu étouffant. Namir Abdel Messeeh, réalisateur de La Vierge et les Coptes et moi a ensuite longuement décrit le processus de réalisation de son film qui oscille entre enquête sur les apparitions de la Vierge dans la communauté copte et retrouvailles avec sa famille, analyse subtile des maux de la société égyptienne et rapports houleux avec le producteur de son film, fiction et documentaire.
Vendredi, Martin Léon, compositeur de la musique de Monsieur Lahzar, du québécois Philippe Falardeau, est revenu sur sa rencontre avec le cinéaste et sa méthode de travail pour l’écriture de la musique. Enfin, la réalisatrice Alice Winocour, est venue présenter son premier film, Augustine avec Vincent Lindon, la chanteuse Soko et Chiara Mastroianni. Inspiré librement de la vie du célèbre cobaye du professeur Charcot, le film est une plongée impressionnante dans l’univers de l’hôpital de la Pitié Salpêtrière qu’Alice Winocour dépeint à la manière des préraphaélites londoniens.
Seule déception de la soirée, l’annulation de la venue du réalisateur belge Frédéric Fonteyne qui devait présenter en avant-première son nouveau film, Tango libre

De gauche à droite : François Bégaudeau, Namir Abdel Messeeh, Léon Martin et Alice Winocour



Mardi 6 novembre : c’est par un débat riche sur le documentaire La Saga des Perrochon avec son co-réalisateur Jean-Philippe Rapp, que la 2e journée des Rencontres a débuté. Présenté pour la première en dehors de Suisse, ce documentaire inédit qui raconte, sur 35 ans, la vie de la famille Perrochon, simples agriculteurs exilés au Québec, a captivé les spectateurs.
L’ambiance était très différente, plus enflammée, pour le second film du jour, Rengaine de Rachid Djaïdani, présenté par l’un de ses comédiens, le slammeur Hocine Ben. Evénement à la Quinzaine des Réalisateurs 2012, ce film coup de poing, réalisé au sens propre du terme avec des bouts de ficelle, évoque les rapports parfois tendus entre les différentes communautés, mais est aussi une véritable histoire d’amour, et une ode poétique à Paris, à l’énergie si particulière qui s’en dégage. Là encore le débat qui a suivi la projection a été passionnant. Mais le grand moment de la soirée a été sans conteste quand Hocine Ben a présenté un échantillon de ses talents de poète, avec un superbe texte sur sa ville, Aubervilliers.

Hocine Ben, comédien, slammeur



Lundi 5 novembre : Jean-Pierre Améris a présenté lundi en avant-première son nouveau film L’Homme qui rit, devant une salle comble et un public séduit. Film de studio, à l’ancienne, L’Homme qui rit, inspiré du roman de Victor Hugo, plonge le spectateur dans une ambiance crépusculaire, avec des décors, des costumes et une lumière de toute beauté. Jean-Pierre Améris dont s’était la troisième venue aux Rencontres, à animé un débat chaleureux et passionnant, apportant de nombreux détails sur le processus de réalisation et ses rapports avec les comédiens. A commencer par Gérard Depardieu, troublant dans le rôle d’Ursus.

Le réalisateur Jean-Pierre Améris

A écouter :

  • Philippe Rouyer, président du jury et auteur, avec Michel Cieutat, de Haneke par Haneke parle de sa rencontre avec... Haneke
  • Le même Philippe Rouyer parle de son métier de critique
  • L’interview d'Eric Névé, producteur et scénariste de La Pirogue
  • La conférence de presse donnée par Jean-Pierre Améris