Laurent Fréchuret de retour à Villefranche avec Sainte dans l'incendie

La comédienne Laurence Vielle dans Sainte dans l'incendie de Laurent FréchuretCes 23, 24, 25 et 26 février, Laurent Fréchuret investit une nouvelle fois la scène du théâtre de Villefranche, avec son spectacle Sainte dans l’incendie.
Cette fois, le fondateur du Théâtre de l’Incendie ne s’est pas contenté de la mise en scène, il a aussi écrit le texte, long poème dramatique évoquant Jeanne d’Arc.
Son écriture, explique-t-il, a duré quinze ans, elle s’est faite par petites touches, par bribes : un mot, une phrase, une impression. Un grand sac rempli de petits bouts de papier, de fragments. Pas vraiment des idées, mais plutôt quelques obsessions, et leurs variations. Cet essaim de fragments devait trouver son dessin, les bribes n’attendaient qu’à être tissées, rassemblées grâce à un axe, un « fil conducteur » […] Jeanne d’Arc s’est imposée comme une figure issue de cette époque fascinante qu’est la fin du Moyen Age, inscrite sur un fonds de légendes : une femme, une enfant, devient chef de troupe, et va réussir à faire couronner un roi. Cette figure a servi d’aimant à tous mes fragments. Sainte dans l’incendie est un poème pour voix et corps humains.
Cette Sainte dans l’incendie, que Laurent Fréchuret imagine aussi un peu comme une "métaphore du théâtre", est incarnée, par la comédienne et auteure belge, Laurence Vielle. Celle-ci apporte au texte toute l’originalité de son jeu. L’osmose parfaite entre Laurent et Fréchuret et Laurence Vielle produit un spectacle d’une rare intensité.
E.B. - 23/02/2015

Rencontre avec l’équipe artistique le 24 à l’issue de la représentation
Renseignements

Le théâtre Pêle-mêle dévoile sa nouvelle saison

C’est parti pour la saison 2014/2015 du Théâtre Pêle-Mêle. Le théâtre de poche caladois a fait sa rentrée des classes le 18 septembre dernier avec sa traditionnelle présentation de programme, menée d’une main de maitresse par sa présidente, Michelle Brun-Piguet.
Présenté, comme à l’habitude, sur un mode drolatique par quelques uns des membres actifs de l’association gérante, le programme comprend pas moins d’une trentaine de spectacles différents. Bien sur, les fidèles, notamment Michel Bernier, Etienne Brac, Yves Cusset, Joseph Pariaud, Bernard Moninot seront présents avec leurs nouvelles créations. Mais on pourra aussi découvrir des spectacles proposés en Avignon, des grands hommes de théâtre - Albert Camus, Eugène Ionesco, Jean-Michel Ribes - et de la musique, beaucoup de musique.
Ainsi, les deux premiers spectacles seront des concerts, avec les 4 et 5 octobre Les Fourmis dans les mains du très charismatique Laurent Fellot, et les 10, 11 et 12 octobre le Duo Criollando, spécialiste du répertoire du nord de l’Argentine. A noter que le 12 sera une journée un peu particulière : à l’occasion de la sortie du 1er album du duo Acequia, le public est convié à une peña (restaurant typique où les clients musiciens peuvent s’exprimer autour du répertoire populaire jusqu’au bout de la nuit), avec buffet et animation, le tout pour un tarif unique de 5 €… Qui dit mieux ?
Renseignements et programme complet
E.B. - 22/09/2014


Laurent Fellot des Fourmis dans les mains et le Duo Criollando

Bosque Ardora, création de Rocio Molina en avant-première mondiale


Longue ovation pour la troupe de Rocio Molina après cette avant-première mondiale du 19 septembre au Théâtre de Villefranche



Ce vendredi, c’est à Villefranche qu’aura lieu l’événement de la 16e Biennale de la Danse, avec la création en avant-première mondiale, du nouveau spectacle de la danseuse prodige de flamenco, Rocio Molina.
Spectacle total – « grand format » comme l’appelle Rocio Molina – qui mêle aux six musiciens et trois danseurs video, jeux de lumière sophistiqués, outils de sonorisation numériques et matériaux bruts, Bosque Ardora est surtout un concentré d’émotion, ultra contemporain, mais qui jamais n’oublie les codes du flamenco classique. Bosque Ardora, ballet incandescent, a été inspiré, comme souvent pour les chorégraphies originales de Rocio Molina, par des sensations intimes, en l’occurrence le rapport qu’entretien la danseuse-chorégraphe avec la nature.
Ainsi, la terre, l'eau, le feu, l'air, sont présents par les moindres détails du spectacles : des costumes aux décors en passant par la lumière brune. L'animalité, elle, explose en toute sensualité. Avis aux retardataires : mercredi soir, lors de l’impressionnante répétition publique, il restait encore quelques places. Alors ne passez pas à côté ce moment intense.

Vendredi 19 septembre - 20 h 30 - Théâtre de Villefranche
E.B. - 18/09/14



Figé pour l'éternité en black & white pour l'opération freeze organisée par la Biennale de la danse, devant le théâtre de Villefranche, juste avant la répétition publique de Rocío Molina du 17 septembre

Une nouvelle saison Pour vous au théâtre de Villefranche

Présentation nouvelle saison

Toujours très attendue, la présentation de la nouvelle saison du Théâtre de Villefranche, avait cette année un petit quelque chose en plus, puisque c’était la 25e depuis la reconstruction des lieux, en 1990.
Intitulée « Pour vous », ce nouveau programme devrait cette fois encore combler le public – 40 000 spectateurs l’an dernier - par sa variété et la qualité des spectacles et des artistes présentés : de Julien Doré à Moriarty en passant par Camille pour la musique, de Jacques Bonnaffé et Oliver Saladin à Jacques Gambin, en passant par Sandrine Bonnaire pour le théâtre, plus de la danse, du cirque et toujours une programmation « Jeune Public » particulièrement soignée.
Le Festival Nouvelles Voix en Beaujolais continue son envol avec là aussi une belle programmation : Féloche, François & the Atlas Mountains notamment, mais aussi des découvertes (les très excitants lyonnais We Just Had Sex) et trois chanteurs (ou duo) en résidence, Jacinthe, Sammy Decoster et Pethrol.
Le 14 juin, déjà 1500 personnes se sont abonnées. Inutile de dire qu’il n’y en aura pas forcément pour tout le monde ! La période d’abonnement se poursuit du lundi au samedi jusqu’au 16 juillet et à partir du 25 août
Renseignements et programme complet
E.B. 16/06/2014


L’Unijambiste présente une Ekaterina Ivanovna détonante


Depuis la mi-janvier de cette année, Ekaterina Ivanovna de Léonid Andréiev n’est plus une pièce inédite en France. Ceci grâce à David Gauchard,comédien et metteur en scène de la Compagnie L’Unijambiste, qui depuis la fin de ses études, est hanté par cette œuvre. Œuvre qu’il avait déjà mis en scène une première fois en 2002 avec une traduction « sauvage ».
Plus de 10 ans plus tard, fort de sa collaboration avec André Markowicz pour la traduction, et de son expérience, David Gauchard a présenté, les 28 et 29 janvier dernier au Théâtre de Villefranche, avec les autres membres de L’Unijambiste, une Ekatérina Ivanovna osée. Aucune trace dans cette mise en scène d’influence du théâtre classique russe. Point de folklore, ni de costumes d’époque (1912). Mais du bruit, des odeurs (de brioche grillée !) et de la fureur. De la musique – composée pour l’occasion par Olivier Mellano et jouée en direct par Or Solomon – de l’image, et des chorégraphies de Julia Cima patinées par les comédiens.
Comme toujours avec L’Unijambiste, le théâtre devient spectacle total. Le texte de Léonid Andréiev, superbe, supporte parfaitement ce traitement, qui atteint son paroxysme au dernier acte. Ebouriffant, extrême, ce dernier acte, largement retouché par rapport au texte original puisque transformé en monologue, laisse le spectateur interdit… entre gêne et enthousiasme !
Texte et photos Emmanuelle Blanchet - 31/01/2014



A la Une : la Cie L’Unijambiste de retour au théâtre de Villefranche avec Ekaterina Ivanovna


Découvrir le travail enfin abouti d’une troupe en résidence est toujours un plaisir particulier. Quand en plus il s’agit d’une pièce inédite en France, il y toutes les raisons de ne pas bouder son plaisir et de se précipiter pour aller voir le nouveau spectacle de la Compagnie L’Unijambiste, Ekaterina Ivanovna de Léonid Andreïev, au Théâtre de Villefranche ces mardi et mercredi.
Ecrite en 1912 à Moscou, la pièce débute par trois coups de feu. Guéorgui Dmitriévitch Stibéliov député à l'assemblée vient d'essayer d'assassiner sa femme, Ekatérina Ivanovna. Il la croit infidèle. Le meurtre est évité, mais au fond d'elle-même, quelque chose est mort. Accusée à tort, Ekatérina entame une lente et sourde des¬cente aux enfers en se débauchant volontairement avec l'un, puis l'autre et… Qui sait vraiment ? Un troisième. Le tout sans jamais que Guéorgui Dmitriévitch ne se comporte comme l'homme attendu encore par elle…
D’une grande modernité, la pièce est représentative des préoccupations de l’auteur qui écrivait à 20 ans : Je voudrais que l'homme pâlisse de terreur en lisant mon livre, que celui-ci soit pour lui comme une drogue, comme un cauchemar terrifiant, qu'il perde la raison, qu'il me maudisse, qu'il me haïsse, mais qu'il lise tout de même avant de se tuer. J'ai envie de me gausser de l'humanité, de rire de tout mon soûl de sa bêtise, de son égoïsme, de sa crédulité
Le metteur en scène et chef d’orchestre de la troupe, David Gauchard, a monté Ekaterina Ivanovna dans cet esprit. Nos vies sont fragiles et nos couples si instables, expliqu’il. Il faut jouer vite ce texte, ne pas tomber dans le piège d'une lenteur psychologique à la russe. Non, nous n'avons pas le temps. Les trois coups de feu du début ont lancé le compte à rebours, la terre va exploser sous peu. Je veux des corps conscients de cette urgence à vivre. Pleurer, rire, courir, crier, danser encore une dernière fois avec grâce ou laideur, sans jugement car comme dans Melancholia de Lars Von Trier, il est déjà trop tard.

A ne pas manquer : à l’occasion de la représentation d’Ekaterina Ivanovna, le traducteur André Markowicz sera ce lundi 27 à 18 h 30, au bar du théâtre pour une rencontre autour du théâtre russe (entrée libre)
Né en 1960 d’une mère russe, André Markowicz a passé ses premières années en Russie. Depuis 1981, il a publié une centaine de volumes de traductions, d’ouvrages de prose, de poésie et de théâtre. Il a participé à plus d’une centaine de mises en scène de ses traductions, en France, au Québec, en Belgique ou en Suisse. Renseignements
E.B. 26 janvier 2014


Avant gout d’Ekatérina Ivanovna


En plus de proposer un programme riche et variée, le Théâtre de Villefranche organise régulièrement des rencontres avec les équipes artistiques. Les amateurs de « work in progress » ont ainsi pu assister le 31 octobre dernier à une répétition publique d’Ekatérina Ivanovna, de Léonid Andreïev, nouvelle création de la compagnie en résidence, L’Unijambiste. Méconnue, jamais jouée en France, la pièce, écrite en 1912, arrive après la mort de Tchekhov et Tolstoï, et montre une nouvelle société russe en route vers la modernité et la révolution Bolchévique. Lors de cette répétition, on a pu assister au deuxième acte dans l’intégralité, avant d’entendre les explications sur les choix artistiques du metteur en scène, David Gauchard.
De quoi attendre avec impatience la présentation de la pièce, les 28 et 29 janvier 2014.
A noter, deux autres rencontres avec le public sont prévues : autour du théâtre russe, avec le traducteur et poète français André Markowicz, qui travaille depuis plusieurs années avec la Cie L’Unijambiste, le 27 à 18 h 30 au bar du théâtre, et avec l’équipe artistique, le 28 à l’issue de la représentation.


Palmarès du 23e éditions du Festival Terre de Scènes


Dimanche en fin d’après midi, le palmarès du 23e festival de théâtre amateur Terre de Scènes a été dévoilé au public :

  • Le 1er prix, prix de la CAVIL est décerné à la compagnie Jeux dits, de Lyon pour leur interprétation du Bourgeois Gentilhomme de Molière
  • Le 2e prix, prix de la ville de Villefranche, est remis à la compagnie Eclats de Scène, de Saint-Bernard pour Nos amis les humains, d’après Bernard Werber
  • Enfin, le 3e prix, prix de l’Office culturel de Villefranche, a récompensé la compagnie Jonag’en scène, de Jonage, pour Histoire à dormir debout, de Jean-Paul Allègre

  • Rencontre avec Robin Renucci


    Chaleureux, accessible, Robin Renucci est bien plus que le comédien talentueux connu du grand public. Il est un citoyen engagé, un militant de l’Education Populaire. Un rôle qu’il incarne avec conviction à la tête des Tréteaux de France. Le seul Centre dramatique national itinérant, était pour la deuxième année consécutive dans le Beaujolais pour faire partager au plus grand nombre l’amour du théâtre. Nous l’avons rencontré à l’issue de la représentation du 10 octobre.

    Quatre jours durant, les Tréteaux de France en collaboration avec le TNP ont rencontré des associations, des scolaires, des publics différents. Ils ont surtout présenté au théâtre de Villefranche, L’Ecole des femmes. Avec Robin Renucci dans le rôle mythique d’Arnolphe et Christian Schiaretti à la mise en scène. Mille fois vue, avec des bonheurs variables, l’œuvre de Molière garde toute sa force lorsqu’elle trouve des interprètes à sa mesure. De ce point de vue, la version 2013 des Tréteaux de France et du TNP fera date. Jeanne Cohendy est une Agnès incroyablement naturelle. Quant à Robin Renucci, il a la force, la maturité et l’humanité nécessaire pour rendre le ridicule et la cruauté d’Arnolphe avec une vérité implacable.
    Il faut dire que ce rôle, Robin Renucci l’a intensément désiré, pour de multiple raisons. C’est, explique t-il, une œuvre qui existe depuis 1662, relayée d’acteur en acteur, et qui parle de la femme différemment selon les époques. C’est une pièce qui reste très universelle, qui raconte notre monde. Après, c’est aussi pour rentrer dans les pas d’un auteur, Poquelin-Molière, qui a écrit pour lui-même une pièce d’acteur, avec une vraie partition, comme il peut y en avoir à l’opéra. C’est un grand thème éternel de l’homme, qui n’est pas un homme héroïque. C’est un pleutre, lâche, dominateur, voulant contraindre, astreindre, aliéner. C’est un immature, qui a peur de la femme. Cela fait partie des rôles que l’on tente de jouer quand on a passé 50 ans, d’être à la hauteur de leur démesure, de leur folie, d’embrasser ce rôle qui est le plus lourd du répertoire français, le plus chargé en texte. Et puis, il y a un peu de gageure, de soucis politiques pour parler de notre époque, de la question de l’émancipation féminine…
    Entretien et photos : Emmanuelle Blanchet – 13 octobre 2013


    Ecouter l’intégralité de l’entretien :



    Le Théâtre Pêle-Mêle en route pour une nouvelle saison


    Franck Adrien venu présenter son spectacle, La Déposition

    En situation délicate l’an dernier, le Théâtre Pêle-Mêle a retrouvé tout son dynamisme. A l’image de la soirée magnifique proposée pour le lancement de la nouvelle saison et de son programme riche et varié le 19 septembre dernier. Concocté par une équipe soudée, menée par la présidente Michelle Brun-Piguet, ce programme voulu comme un voyage dans le spectacle vivant comprend pas moins de 24 escales dans le théâtre pur, le café-théâtre, la lecture, le burlesque et la clownerie, la chanson, l’humour et la philosophie, et un orchestre de caravane, genre classique de la musique balkano-orientale.
    Premier arrêt les 27, 28 et 29 septembre, avec un spectacle grave, La Déposition, de la québécoise Hélène Pedneault. Produit par la compagnie Novecento, avec Franck Adrien - qui assure aussi la mise en scène - Nadia Larbiouene, Dan Beneditto et Claire Maxime, le spectacle a été sélectionné par la Maison du Off, pour le 60e anniversaire du Festival d’Avignon.
    N'hésitez pas à vous abonner au TPM. C'est pas cher, ça rapporte gros (tous les spectacles à 8,5 € au lieu de 14 € pour le plein tarif) et cela reste leur meilleur soutien !
    Renseignements et programme complet


    Une Nuit au Château de Montmelas


    Alors qu’Avignon approchait de la fin, que les bouchons des grands départs s’étiraient sur de longs kilomètres, le Beaujolais proposait ce week-end dans un site aussi magique que sublime de quoi se dépayser et assouvir ses envies de théâtre. Organisée par des bénévoles et la Cie du Chariot de Thespis, les 5es Nuits du Château de Montmelas ont gâté leur public. Exemple, samedi en fin d’après-midi et en soirée, on a pu voir trois pièces aussi différentes que de qualité.
    En amuse-bouche, Le Mariage forcé d’après Molière par la Cie du Boulevard, mis en scène par Jean-Jacques Flamar. La troupe d’amateurs éclairés en résidence à Gleizé a su tirer partie du lieu pour présenter un spectacle très travaillé et original, puisque le metteur en scène a fait le pari un peu fou de réintroduire dans la pièce les interludes que Molière avait prévu avec Lully. Le texte original ayant disparu après une dispute entre les deux auteurs, des textes ont été entièrement inventé dans le style de l’époque par l’une des comédiennes, Linette Faurtier, interprète magistrale du Docteur Pancrace.
    En plat principal, c’est un autre classique, La Surprise de l’amour d’après Marivaux qui était servi, revisité par Broutille et compagnie avec beaucoup de fantaisie et de fraicheur. Mais le coup de cœur de Cineartscene va à l’entrée de ce repas roboratif : Kingdom of decadence, présenté par la Cie C’est la faute à Monique (un nom dont on ne se lasse pas !), entièrement écrit par la troupe, en anglais, français et… hébreu, puisque l’un des personnages vient du lointain Kingdom of Schlomo. Spectacle désopilant, digne de Hellzapoppin, le film mythique de H.C Potter, Kingdom of decadence est interprété par des comédiens brillants, avec une mention spéciale pour Amélie Fouillet, qui en plus chante divinement bien.
    Texte et photos Emmanuelle Blanchet - 22 juillet 2013


    Les comédiens de la Cie du Boulevard

    C'est la faute à Monique

    Broutille et compagnie

    Le cadre du festival...

Les 5es Nuits du Château de Montmelas en détail


Du 18 au 21 juillet se dérouleront les 5es Nuits du Château de Montmelas, un festival de théâtre original, ancré dans son territoire, et furieusement sympathique. Pendant ces quatre jours fous, 11 spectacles différents - répondant aux labels « classique », « interactif », « magie », « déambulatoire » « burlesque » et « théâtre musical » instaurés par le festival - seront interprétés par dix compagnies de la région, professionnelles et amateurs.
Le détail du programme : Jeudi, la soirée d’ouverture sera entièrement consacrée à Molière. Mais Molière comme inspirateur plus que comme auteur. En 1ère partie, Béraud de Vaissière, des Conteurs de l’ouest lyonnais contera sa Rencontre avec Molière qui, de retour sur terre à notre époque, a besoin d’un guide. Béraud sera celui-là. Ensuite, la cie Les Art’souilles, de Feyzin, tentera de sauver le théâtre avec La Mission Molière, un spectacle interactif, mêlant textes classiques et improvisation.
Vendredi, place au mystère et à la magie avec Anthony Istar et son spectacle Historia, mentalisme moderne. En deuxième partie, les lyonnais de la cie Les Bisons ravis présenteront leur célèbre spectacle musical autour de Francis Blanche intitulé tout simplement Carte Blanche.
Samedi, la journée débutera dès 11 heures avec une enquête policière haletante, Qui a tué le grand méchant loup ? proposée par le Collectif InterDisciplinaire de Lyon. Bien sur les spectateurs seront mis à contribution en famille. A 14 heures, le public sera invité au Safari du Château de Montmelas. Encadré par des guides expérimentés il pourra rencontrer les étranges habitants du château… Le spectacle présenté par le pôle amateur des Chariot de Thespis, les Roues libres, a obtenu le prix de la ville de Villefranche du festival amateur. A 17 heures, retour de Molière avec Le Mariage forcé par la cie du Boulevard, de Gleizé. En 1ère partie de soirée, la cie C’est la faute à Monique - sans doute le nom de compagnie le drôle du pays ! - présentera Kingdom of decadence, un mumming play labellisé « burlesque » et « théâtre musical ». A noter, le mumming play est une des plus anciennes formes théatrales, originaire des pays anglo-saxons, et dont les protagonistes s’expriment en vers et respectent un rituel bien établi. Enfin pour finir la journée en beauté, du classique avec La Surprise de l’amour, de Marivaux, par Broutille et compagnie.
Dimanche, dernier jour du festival, commencera très fort à 11 heures avec la reprise du Safari. A 14 heures la cie U-Gomina invitera le public à Clown’s cabaret un spectacle déambulatoire et musical, tout droit sortie de l’univers fellinien. Pour clore le festival 2013, le Collectif InterDisciplinaire reviendra pour présenter Tagadatsoin, un spectacle musical et désopilant.
A savoir : les soirées sont vendues sous forme de package comprenant un apéritif campagnard de bienvenue, deux spectacles et un vin ou un chocolat chaud offert devant l’orangerie et la possibilité de rencontrer les artistes et de discuter jusqu’au bout de la nuit.


Les 5e Nuits du château de Montmelas : J - 10


En ce dimanche de début d’été, toute l’équipe des Chariots de Thespis s’active. Plusieurs compagnies sont là pour un premier contact avec le lieu qui les accueillera pour la 5e édition des Nuits du château de Montmelas, devenu en peu de temps le plus grand festival de théâtre du Beaujolais. Du 18 au 21 juin, se seront pas moins de onze spectacles différents qui se succèderont sur la scène, mais aussi dans les allées du jardin puisque le festival investit tout l’espace extérieur du château.
A l’origine du projet des organisateurs, la Cie lyonnaise Chariots de Thespis – qui comprend des artistes professionnels, comédiens, musiciens, chorégraphes, danseurs, scénographes, réalisateurs, mais aussi un pole amateur, les Roues libres, et a à son actif une douzaine de créations - il y avait la volonté de mettre en valeur leurs propres spectacles, et le désir de promouvoir d’autres jeunes compagnies, les talents d’un territoire et un patrimoine. La bonne entente avec les propriétaires, la famille d’Harcourt, a donc été déterminante pour le développement du festival.
Cette année, ainsi, se tiendra, parallèlement aux spectacles, l’université d’été de La Cordée, destinée aux « travailleurs nomades » et créateurs d’entreprises sous forme ludique, avec percussions, improvisation, slam… Autour du festival, on trouvera aussi des expositions de deux artistes locales : Blandine Mingret et Florianne Vuillamy, qui feront gagner une de leurs œuvres par une tombol’art, et proposeront au public d’élaborer une œuvre participative. Coté restauration, histoire de rester proche du territoire, c’est le traiteur La Forestelle, de Saint Cyr le Chatoux qui assurera les apéritifs campagnards offerts chaque soir au public, et qui tendra le Montmel’bar, ou l’on pourra découvrir leurs tartes salées et sucrées et le… vin de la propriété.
Toute cette organisation, il faut le signaler, est entièrement assurée par des bénévoles. Ce qui permet au festival d’être autofinancé. Pour la première année, les artistes seront payés, par le partage du bénéfice, s’il bénéfice il y a. Public ami, tu sais ce qui te reste à faire !
Renseignements, programme complet et vidéos de présentation des spectacles
Texte Emmanuelle BLanchet - 8 juillet 2013

Théâtre de Villefranche : à la découverte de la saison 2013/2014


A peine la saison lancée, c’est la ruée sur les abonnements : 1350 le premier jour ! Il faut dire que le programme est, cette année peut-être plus encore qu’à l’accoutumée, très alléchant. Musique, danse, cirque, théâtre, il y a en a pour tous les gouts, mais avec un seul critère : l’exigence de qualité.
En tout 55 spectacles seront présentés, du 24 septembre au 27 mai 2014. Parmi ceux-ci, Cineartscene choisit d'en présenter une quinzaine qui nous séduisent tout particulièrement. Côté théâtre, sont à ne manquer sous aucun prétexte Le Président, de Thomas Bernhardt, mis en scène par Michel Raskine, avec Charlie Nelson et Marief Guittier dans les rôles principaux, et des marionnettes pour tous les autres rôles (le 6 novembre) ; Molly Bloom, d’après James Joyce, avec la sublime Anouk Grimberg, (les 27, 28, 29 et 30 novembre) ; Ekaterina Ivanovna de Leonid Andreïev, montée pour la première fois en France par David Gauchard et sa compagnie L’Unijambiste, associée cette année encore au Théâtre de Villefranche (les 28 et 29 janvier) ; et Richard III de William Shakespeare, avec Dominique Pinon, mis en scène par Laurent Fréchuret, qui fut en résidence à Villefranche de 1998 à 2004 et directeur du Centre dramatique national de Sartrouville (les 8 et 9 avril)
Pour le cirque, impossible de choisir ! Les trois spectacles sont à voir : les britanniques de Gandini Juggling, danseurs et jongleurs de théières, qui avec Smashed rendent hommage à Pina Bausch (les 13 et 14 novembre) ; le Cirque Invisible de Victoria Chaplin et Jean-Baptiste Thierrée et leur monde surnaturel et poétique (les 21, 22 et 23 décembre) et la troupe québécoise Les 7 doigts de la main qui avec son 8e spectacle, Séquence 8 devrait émerveiller petits et grands (16 et 17 avril).
Les amateurs de danse se précipiteront pour voir Afectos, le spectacle de la grande – et jeune - danseuse de flamenco, Rocio Molina (le 16 décembre) et Boxe boxe du chorégraphe Mourad Merzouki qui mêle hip-hop, boxe et partition musicale classique interprétée par le Quatuor Debussy (les 4 et 5 février)
Programmation dans la programmation, le festival Nouvelles Voix en Beaujolais devrait être exceptionnel puisque la tête d’affiche n’est autre que Woodkid, ancien de Mongré, devenu vedette internationale. Mais nos chouchous à nous sont Rosemary Standley qui fait des infidélités à Moriarty pour s’associer à la chanteuse et violoncelliste Dom La Nena (le 19 novembre), la québécoise bête de scène Lisa Leblanc et son folk trash (le 20 novembre) et surtout, le duo jurassien Catfish dont le blues-rock nerveux a secoué le théâtre lors de la soirée de présentation de la saison (le 21 novembre). Côté musique, il ne faudra pas manquer non plus Roberto Fonseca, découvert par Ibrahim Ferrer du Buena Vista Social Club (le 3 décembre).
Enfin, last but not least, les spectacles jeune public. Tous sont à voir. Mais si vous devez vraiment faire un choix, ne manquez pas Un beau matin, Aladin, mis en scène par Charles Tordjman, associés au théâtre des Frères Forman, marionnettistes tchèques réputés et accessoirement fils du réalisateur Milos Forman (le 15 février), et Hänsel et Gretel par les créateurs de ciné-spectacles de La Cordonnerie (le 29 mars)

Pour plus de détails sur l’abonnement et voir le programme complet, consultez le site du Théâtre. Attention, compte tenu du succès de Swan Lake et Festof, des dates supplémentaires ont été ajoutées :
- Swan Lake (Dada Massilo) : le vendredi 17 janvier à 20h30 (en plus de celle du 16 janvier)
- Festof (Jean-Jacques Vanier) : le mercredi 14 mai 19h30 (en plus de celle du 13 mai)


Rencontre avec Rufus à la Médiathèque de Limas


Rufus, grand artiste et homme de bien était vendredi 28 juin à la médiathèque de Limas pour un « Village Rencontre » en guise de clap de fin à ses trois jours de présence au Festival en Beaujolais. L’occasion de mettre en lumière un aspect plus méconnu de son travail : l’écriture. Rufus en effet a écrit une dizaine de livres - romans, poésies, contes – dont un pour chacun de ses trois enfants. Le dernier en date, Le Jour du ravi, sera bientôt disponible dans les bonnes librairies. L’occasion aussi de parler de son actualité théâtrale constituée d’un côté par Mur d’Amanda Sthers, qu’il jouera en septembre au Petit Théâtre de Paris en compagnie de Nicole Kalfan, et de l’autre des Jaillissantes. Adapté du livre de Jacques Salomé L’Effet source, ce spectacle rend hommage aux « femmes-fontaines » et explore les tabous avec humour… Rufus ? Homme de bien vous dit-on !



Clap de fin pour L'École des femmes du Théâtre de Carouge



Jouée plus de 180 fois, la pièce de Molière produite par le Théâtre de Carouge – Atelier de Genève a achevé sa carrière les 28 et 29 juin dernier au Théâtre de Villefranche. Les chanceux qui ont pu assister à ces deux « dernières » ont ainsi redécouvert, grâce à la mise en scène originale de Jean Liermier, une Ecole des femmes dynamisée, mettant en valeur le (quasi) féminisme de Molière et sa dénonciation des inégalités sociales.
Mettant en valeur aussi et surtout le texte. Par un décor sobre et hautement signifiant – une cabane dans un arbre mort, une souche donc, comme Monsieur de la Souche, nom adopté par Arnolphe – et des costumes de style mi-contemporain, mi-XVIIe siècle, le metteur en scène réussit son pari : faire un sorte que le spectateur ressente toute l’universalité de la langue de Molière sans être distrait par des codes théâtraux trop classiques.
Incarné par le formidable Gilles Privat, Arnolphe, est exaspérant et émouvant à souhait. Les autres membres de la troupe sont tout aussi parfaits, avec une mention spéciale pour Agnès-Lola Riccaboni, qui joue une partition subtilement chorégraphiée.

Texte et photo Emmanuelle Blanchet – 3 juin 2013

Les Teatro Picaro concluent en beauté la saison théâtrale de Gleizé

Dernier spectacle de la saison au théâtre de Gleizé, Fabula Buffa de la Compagnie Teatro Picaro a conquis le public venu en famille déguster cette pièce de la plus pure tradition italienne, inspirée du Mystère Bouffe de Dario Fo.
Interprété par Ciro Cesarano et Fabio Gorgolini, tous deux diplômés de l’Académie Internationale Des Arts du Spectacle et titulaires d’un doctorat en Histoire du Théâtre à l’Université de Bologne, Fabula Buffa entraine le spectateur loin dans le temps, à l’époque romaine. Deux mendiants, un boiteux et un aveugle, sont miraculés malgré eux. Ils doivent alors faire face à la réalité comme des personnes normales. Ce changement traumatisant provoque deux réactions opposées qui les conduisent à la même décision tragique : rendre leur âme à Dieu…
Acrobates, chanteurs et musiciens accomplis, les deux comédiens maitrisent parfaitement les codes de la Comedia dell’ Arte, et même si leurs « lazzi » - séquence d’improvisation comportant toutes sortes de plaisanteries burlesques, de jeux de mots, grimaces ou autres gestes grotesques – ne font pas toujours mouche, le travail sur la langue est un vrai régal. Contre toute attente le mélange de différents dialectes italien - bergamasque, napolitain, vénitien - de Français, d’Italien et d’Espagnol est parfaitement compréhensible. Et surtout d’une telle poésie et musicalité que l’on regrette que toute la pièce ne soit pas interprétée dans ce beau gromelot.
Texte et photo : Emmanuelle Blanchet – 23/4/2013

Racont’Art : L'Odyssée du Théâtre du Lac emporte le public

C’est par une Odyssée d’Homère dépoussiérée qu’a débuté samedi 16 mars le petit cycle de spectacles proposé, jusqu’au 22, sous le sigle Racont’Art par le Théâtre de Gleizé.
Inscrite au répertoire de la Cie du Théâtre du Lac (d’Annecy) depuis 2000, la pièce se déroule pendant le banquet donné par Alkinoos, roi des Phéaciens. Alors que l’aède Démodocos se lance dans le récit de la guerre de Troie, un vagabond surgit de l’assemblée. C’est Ulysse en personne, qui va raconter trois épisodes de son voyage : la rencontre avec le Cyclope Polyphème, avec la sorcière Circé et le voyage chez les Morts.
Choisit pour la modernité de son style par l’adaptateur et interprète d’Ulysse, Raphaël Simonet, cette partie de l’Odyssée – long flashback – fait partie de la mémoire collective de chacun, avec plus ou moins de précisions. Toute l’originalité repose donc sur une mise en scène épurée, simple et pertinente qui permet de retrouver l’authenticité de l’épopée homérique. Avec comme élément essentiel le conteur-musicien, l’aède donc, incarné par Bisongo Biassi-Biassi Robbas.
Originaire de Kinshasa, ce formidable comédien et musicien impose comme une évidence le lien entre griot et aède, entre tradition orale africaine et mythologie grec. Au son des n’goumi, n’goni, m’bonda, tambour à fente, flute ou saxophone, il mène la danse et encourage Ulysse à continuer son récit jusqu’au retour d’entre les Morts, impressionnante cérémonie finale. A la fin du spectacle, le public tarde à revenir à la réalité tant le voyage dans l’espace et le temps a été intense.

Dernier spectacle du cycle : Tagore, vendredi 22 mars à la Maison de la Revole
Texte et Photos Emmanuelle Blanchet - 20/3/2013

En scènes ! : La Cie Unijambiste en résidence au Théâtre de Villefranche

Ces dix derniers jours la Cie L’Unijambiste était en résidence au Théâtre de Villefranche. L’occasion de rencontrer les spectateurs, avec une répétition publique, d’avoir carte blanche - utilisée pour le beatbox L.O.S. et le compositeur-DJ Robert Le Magnifique – de transmettre leur savoir avec un stage théâtre et musique et bien sur de présenter leur spectacle Des Couteaux dans les poules.
Depuis 7 ans au répertoire de L’Unijambiste, la pièce de David Harrower, auteur écossais contemporain, est une œuvre aussi singulière que forte, sur la puissance émancipatrice des mots et de la connaissance. Cette singularité, la mise en scène de scène de David Gauchard la renforce, par une utilisation élégante des nouvelles technologies : projection d’images, musique, vidéo. D’abord dérouté par la langue de David Harrower, le spectateur est envouté par la poésie du spectacle total qui lui est proposé.
Ces rencontres avec la Cie l’Unijambiste se déroulaient dans le cadre d’ En Scènes ! , « fête de la création artistique », organisée par les Théâtres de ville en Rhône-Alpes du groupe des 20. En Scènes ! se poursuit jusqu’au 23 mars avec encore deux temps forts à Villefranche : une journée porte-ouverte au théâtre le 20 de 10 à 18 heures, avec plusieurs animations, et le 23, une création pour le jeune public du Théâtre de Nuit, L’Enfant de la haute mer
Programme complet : Agenda

Texte et photos Emmanuelle Blanchet - 18/3/2013

Les 3 interprètes Des Couteaux dans les poules : Emmanuelle Hiron, Guillaume Cantillon et Vincent Mourlon

Le compositeur-DJ Robert Le Magnifique œuvrant au bar du Théâtre de Villefranche vendredi soir pour un apéro-concert. Une première en ce lieu !

David Gauchard

A écouter :

  • Le 15 mars dernier, Cineartscene a rencontré le metteur en scène et créateur de la Cie l’Unijambiste, David Gauchard pour un entretien au cours duquel il parle longuement de L’Unijambiste et de son amour du théâtre qu’il considère comme un véritable mode de vie.

Il faut sauver le soldat TPM !

Le 9 et le 10 février se sont déroulées deux représentations du spectacle Ma Rue de Thizy de Lili Taguet et sa bande en soutien au Théâtre Pêle-Mêle (TPM). Soutien ? Ce terme a du en faire sursauter plus d’un…
Fondé il y a juste 15 ans par une poignée de passionnés, le TPM s’est donné pour but la création et la diffusion de spectacles vivants aussi bien amateurs que professionnels, toujours avec une réelle exigence de qualité. La formule, associative, fonctionnait plutôt bien jusqu’à ces derniers mois, avec un seul salarié - le régisseur - une directrice artistique, Emmanuelle Della Schiava, payée au cachet, et une solide équipe de bénévoles.
Un changement de stratégie consistant à favoriser de plus en plus les spectacles professionnels a déstabilisé ce fragile équilibre. L’équation est simple : avec une salle de 50 places et des billets à 10 €, en moyenne, des recettes réparties à 65 % pour les compagnies et à 35 % pour le TPM, le bilan s’est vite retrouvé déficitaire. D’autant que cette politique de professionnalisation a entrainé mécaniquement une diminution du nombre de spectacles (55 en 2010, plus que 25 en 2012, sans compter les spectacles pour les scolaires).
Résultat le TPM se retrouve, en ce début d’année 2013, dans une situation délicate. Michelle Brun-Piguet, présidente de l’association veut néanmoins rester optimiste. Selon elle, la mobilisation des bénévoles et des artistes est formidable. Des spectacles de soutien seront programmés – celui offert par Lili Taguet est complet – et la programmation sera étoffée avec des spectacles amateurs. Ces difficultés, explique-t-elle « sont un tournant pour le TPM et permettront de se retrouver sur les rails » La démission de la directrice artistique pour créer sa propre compagnie devrait aider à clarifier la situation.
Il reste à surveiller de près le programme pour que ces spectacles de soutien fassent leur office.
Emmanuelle Blanchet – 6/02/2013

la Cie Yoann Bourgeois a déployé tout son Art de la fugue au théâtre de Villefranche

Ballet pour marionnettes humaines, jeu de construction en bois et trampoline. Tel pourrait être le sous-titre de L’Art de la fugue, présenté jeudi 31 et vendredi 1er au théâtre de Villefranche par la Cie du grenoblois Yoann Bourgois.
Envoutant et hypnotique, ce spectacle inclassable repose sur un dispositif à la fois simple et complexe, matérialisé par un cube de bois géant qui progressivement s’ouvre et s’anime sous les assauts des deux danseurs acrobates : Marie Fonte et Yoann Bourgeois. Et par un formidable travail sur le son et la lumière. Le son, bien sur, c’est la pianiste, Célimène Daudet, qui alterne silence et Fugues de Jean-Sébastien Bach. Mais aussi différents bruitages qui renforcent l’impression de force magique émanant du cube. Et puis il y a la voix, celle de Gaston Bachelard, et ses réflexions sur la face diurne et nocturne de l’âme humaine... La lumière, elle, joue - entre autre - sur de brefs fondus au noir. Le spectateur peut alors presque se croire devant un film muet de la grande époque du burlesque.
Formidablement riche, interprété par trois artistes remarquables, le spectacle parvient à toucher aussi bien les enfants que les adultes. Ce n’est pas là la moindre de ses qualités.
Parrainée par la région Rhône-Alpes, la soirée de vendredi s’est achevée en présence de Jean-Jack Queyranne, président de la Région, Farida Boudaoud, vice-présidente déléguée à la culture et à la lutte contre les discriminations, Bernard Perrut, député-maire de Villefranche, et de Jean Picard, président de la Cavil. Tous ont réaffirmé leur soutien au théâtre de Villefranche qui bénéficie du label « Scène régionale » et à la culture en général, qui reste, malgré la crise, une des priorités des élus.
Texte et photos Emmanuelle Blanchet – 4/02/2013

Photo de gauche : le salut des artistes. Photo de droite : de gauche à droite, Bernard Perrut, Alain Moreau, directeur du théâtre de Villefranche, Jean-Jack Queyranne, Farida Boudaoud, Jean Picard, la pianiste Célimène Daudet et la danseuse Marie Fonte