#jenaipasportéplainte : génèse d’un roman

Marie-Hélène Branciard

Marie-Hélène Branciard

En seulement 2 romans, Marie-Hélène Branciard a su imposer un style bien à elle, par une écriture typée, hyper contemporaine, un rythme rapide, rock’n’roll,  au service d’histoires faussement familières et de héros avec lesquels on pourrait tous être amis. Après Les Loups du remords, roman de « bande post-adolescente », son polar #jenaipasportéplainte s’est construit autour d’une passionnante expérience, entre littérature et réseaux sociaux.  Où l’on découvre une mystérieuse Shane Zooey. Cineartscene a enquêté pour en savoir plus.

Vous venez de terminer le roman de Marie-Hélène Branciard. Vous n’avez pas envie de le quitter… Pas tout de suite… Pas déjà… Alors vous tournez les dernières pages pour lire jusqu’à la dernière goutte. Les remerciements. Et là, la 1ère phrase ouvre un nouveau mystère : « A Shane Zooey, mon alter-ego virtuel qui a enrichi ma façon d’écrire et d’appréhender la vie. » Il était indispensable de faire parler l’auteur, de comprendre son processus de création.

Marie-Hélène Branciard s’inspire de ses conversations virtuelles pour l’écriture de #jenaipasportéplainte

Marie-Hélène Branciard explique : « Je suis partie d’une nouvelle inachevée sur le thème de la reconstruction après un viol. En 2012, le hashtag #jenaipasportéplainte est lancée sur Twitter [suite à la campagne « Pas de justice, pas de paix » ]. Je venais de terminer Les Loups du remord et j’avais un peu de mal à partir sur un nouveau projet…  Cela m’a donné envie de reprendre la nouvelle, avec l’idée d’ajouter une vengeance. Au début je voulais écrire un roman avec des morceaux de blogs insérés dans l’histoire. Petit à petit je me suis concentrée sur l’intrigue, en supprimant tout ce qui nuisait à sa compréhension. Le roman est devenu un polar. Il fallait accorder le fond et la forme. Il me fallait tester d’autres formes d’écriture adapté aux échanges sur Internet. D’où l’idée d’utiliser mon alter-ego virtuel »

Shane McCutcheon, alias Shane Zooey

La comédienne Kate Moennig alias Shane McCutcheon, alias Shane Zooey

Shane Zooey est vraiment née lorsque l’auteur s’est créé un profil avec la photo de Shane McCutcheon  , héroine de la série The L word diffusée sur HBO, en modifiant juste le nom de famille. Avec cet avatar, Marie-Hélène-Shane parle avec des inconnus, de littérature, du droit des femmes, devient amie avec certains. Et écrit, s’inspirant de ces conversations, à l’insu des ses interlocuteurs, dont plusieurs sont aussi écrivains. A l’instar de Marie Van Moere, auteur de la préface du livre qui ne connaissait que Shane Zooey. Marie-Hélène s’efface aussi parfois totalement, en laissant Shane publier deux mini-chroniques littéraires : On ne se sauve pas du chagrin pour Le ciel et le sable de Tara Lennart et Un chardon à fleur de peau pour Ma Barricade, le roman d’Elemo Drop.

Cette expérience à la limite de la schizophrénie permet à Marie-Hélène Branciard de libérer son écriture. Et de clarifier ses idées, qu’elle écrit sur des feuilles volantes étalées sur le sol, au sens propre du terme, avant de les mettre dans l’ordre.

Marie-Hélène le dit sans détour : «  #Jenaipasportéplainte serait différent sans elle… »

Pour en savoir plus et découvrir d’autres très beaux textes, n’hésitez pas à visiter le site  #Jenaipasportéplainte  

Emmanuelle Blanchet

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