Nicolas Saada, réalisateur du film "Taj Mahal"

Nicolas Saada, réalisateur du film « Taj Mahal »

Avec le troisième jour des Rencontres du cinéma francophone en Beaujolais, les choses sérieuses ont vraiment commencé !

Si le film de Christian Carion, En Mai fait ce qu’il te plait, en ouverture, était un peu fade. Si le juste et émouvant Fatima de Philippe Faucon, présenté mardi par la très grande Dame qu’est Fatima Elayoubi – inspiratrice du film par son ouvrage de poèmes Prière à la lune – a indéniablement remué la salle comble du cinéma « Les 400 Coups », c’est bien mercredi que tout semble avoir commencé, avec l’intense journée de cinéma proposée par L’Autre Cinéma.

Après Phantom boy, apéritif pour jeune public avec les cineastes Alain Gagnol et Jean-Loup Felicioli, le cinéaste Belge David Lambert a présenté son film Je suis à toi, une fausse comédie grinçante et sombre, dont le héros qualifié de « bite sur pattes » par le réalisateur, finit quand même à la fin par « reconnecter son coeur et son cerveau à sa bite », toujours dixit David Lambert.

Ensuite les spectateurs ont eu droit à une des meilleures comédie québécoise de ces dernières années, Guibord s’en va en guerre, de Philippe Falardeau, qui ne sortira dans les salles qu’en mai ou juin 2016. Situé dans une province isolée du Québec, le film suit les aventures du député Guibord – et de Souverain, son stagiaire Haïtien – propulsé sur le devant de la scène politique nationale par des circonstances troubles liées à un vote s’annonçant compliqué au parlement… Portée par des comédiens impeccables, Guibord s’en va en guerre est une gourmandise justement relevée.

Quatrième film de la journée, Taj Mahal, présenté par son réalisateur Nicolas Saada, a secoué le public par son suspens insoutenable. Inspiré du témoignage d’une rescapée des attentats de Bombay en 2008, Taj Mahal, tourné en grande partie en studio avec un budget ridicule de 5 millions d’euros, évite tous les écueils du film d’action par une finesse psychologique et de belles références cinéphiles. Le tout avec une mise en scène au cordeau.

Parions sans trop de risques que le prix du Jury sera choisi parmi ces trois derniers films.

Emmanuelle Blanchet