Je me souviens de la première fois où j’ai vu les Feel Of Floyd. Ils furent parmi les premiers tributes interviewés pour la première mouture de mon livre « Pink Floyd en France ». Rencontre de presque 1 heure backstage avec l’intégralité des musiciens de l’époque après le concert de Vonnas dans mes souvenirs. De l’eau a coulé sous les ponts et plusieurs concerts se sont déroulés depuis. Les Feels se sont bonifiés comme du bon vin, notamment avec l’apport de Jérémy (sax, et pour la première fois à la guitare acoustique) à Alexis (claviers) sans oublier la direction musicale de Xavier, qui porte les fruits de six mois de boulot.
Reportage de Patrick Ducher
Dans la petite salle « cosy » de l’Espace 1500 à Ambérieu-en-Bugey (01), un public familial de 700 personnes – dont beaucoup de familles et d’amis – a pu se délecter d’une setliste certes hyper-classique, mais qui a plu à tout le monde. Ahhh, le jour où un tribute français jouera du Final Cut… Bref, posté devant la buvette au fond de la salle, j’avais un point de vue imprenable sur la salle, juste devant le groupe d’une vingtaine de fillettes surexcitées – habillées en véritables « schoolgirls » british, jupettes plissées et polos blancs – qui allaient intervenir brillamment par deux fois (« Another Brick » , avec un public debout, et « Run Like Hell »), sous la houlette de leurs coaches de l’école de danse locale qui supervisaient les chorés.
Défi floydien
Monter un concert, même quand on est amateurs, relève du défi. Il s’agit en tout premier lieu que le public retrouve l’esprit et le souffle des musiciens originaux, sans pour autant que l’on ait l’impression d’écouter un CD. Ensuite, le matériel doit être de qualité (light show, son…) et la backline était au taquet (bravo Guillaume et la team G-Production, et de belles animes… !). On ne peut pas faire n’importe quoi avec Pink Floyd ! Tout ceci demande donc en plus des efforts financiers considérables. « Impossible de monter cela sans partenaires financiers convaincus et engagés », me confie Christian Ferrand, fier papa de deux musiciens présents sur scène.
Moments conviviaux
Un concert est aussi l’occasion d’échanger avec des « die-hard fans ». On les repère souvent aux tee-shirts qu’ils arborent. Pas mal de Dark Side, un « Gilmour 63 », un Australian Pink Floyd….. Olivier, qui portait un « Dark Side – Roger Waters », me raconte qu’il a assisté étant gamin au concert de Magny Cours en 2006. « Je suis tombé dans le chaudron floydien depuis » me dit-il en feuilletant un compte-rendu du concert dans mon livre « Pink Floyd en France – Les dernières briques ». Fabrice, né en 1973, porte un tee-shirt « The Wall ». Il est lui-même guitariste et fan du tribute qu’il a vu plusieurs fois, comme pas mal de personnes, et se défini comme passionné.
Classicisme et maîtrise
Les amateurs n’ont pas été surpris et ont apprécié les nombreux moments notables du show. Pour ma part, j’ai énormément apprécié un « Pigs » fantastique, avec un final guitaristique apocalyptique. « Time » fait partie aussi de mes instants chéris, quand le duo Emelia Rose (Emilie et Mélanie) s’escrime sur une grosse caisse avant de laisser PV marteler ses toms avec fureur. Il y a aussi un « Mother » tout en délicatesse – à défaut de briquets, les portables se sont allumés à cet instant très poignant – mais je pourrais aussi ajouter un « Wish » étonnant à cause du solo de sax inédit sur ce morceau. J’allais oublier un « Great Gig » ou les « glam girls » redoublèrent à l’unisson de sensualité et de grâce. Certes, du fond de la salle, on avait parfois l’impression d’être comme en Angleterre, avec le bar resté ouvert où s’affairaient encore quelques assoiffés braillards.
Shine On, les Feels !
Si la perfection n’existe pas et certains passages vocaux ressemblent un peu à du yaourt à l’anglaise, on ne peut que louer l’intention et la prise de risque. Ayant remarqué de nombreuses petites digressions, je complimente Nico, le guitariste, qui avoue humblement avoir tenté en fait de masquer ses « plantades ». Ce sont justement celles-ci qui rendent le show humain ! Quel dommage qu’il ait fallu évacuer prestement la salle au bout de 2h30 de show alors que les musiciens signaient l’affiche de leur concert. Quoi qu’il en soit, les visages radieux des zicos faisaient plaisir à voir et leur prestation fit plaisir aux yeux et aux oreilles.
Setliste : Partie 1 1. Sorrow 2. Learning To Fly 3. Coming Back To Life 4. Time 5. The Great Gig In The Sky 6. Us And Them 7. Money 8. Pigs 9. Another Brick In The Wall Partie 2 1. Shine On You Crazy Diamond 2. On The Turning Away 3. Mother 4. In The Flesh 5. Young Lust 6. Brain Damage 7. Eclipse 8. Run Like Hell Rappel 1. Wish You Were Here 2. Comfortably Numb.
Extraits du show :



