Beth Hart, la flamboyante chanteuse de blues rock californienne était de retour à Lyon, six ans et demi après avoir enflammé la Bourse du Travail (lire mon report ici). En dépit de tarifs relativement élevés (de 58 à plus de 100 euros), l’amphithéâtre est quasi plein. Il est vrai que son public – bikers, quinquas-sexas, mais aussi des jeunes, hommes et femmes confondus – est très fidèle. Du reste, la tournée européenne de 15 dates destinée à supporter son (excellent) dernier album (You Still Got Me) comprend pas moins de 8 villes françaises (Annecy, Strasbourg, Paris, Lyon, Dole, Nantes, Mérignac et Marseille)

Un trio de choc autour de Beth Hart

Entourée d’un power trio épatant qui joue avec elle depuis des lustres (Jon Nichols aux guitares, Tom Lilly à la basse) et Bill Ransom à la batterie), la rousse est donc en terrain conquis. Le show débute avec le très pêchu Don’t call the police issu du dernier album.

D’entrée de jeu, le registre vocal est très élevé et permet d’apprécier le jeu impeccable de Jon Nichols. La setliste récupérée auprès de la régie indique que ce morceau n’aurait dû être joué qu’en 9ème position. Du reste, plusieurs changements sont intervenus par rapport au concert de l’Olympia trois soirs auparavant (disparition de Machine gun vibrato, Pimp like that, I’d rather go blind, Can’t let go…), ce qui ne fut pas sans répercussion sur la fluidité de sa prestation, même si Beth reste fidèle à elle-même en haranguant le public de façon exubérante, en l’invitant à chanter avec elle…

Avouant son âge sans gêne (53 ans), elle évoque même sa bipolarité (« le seul moment où je me sens bien, c’est quand je suis reconnaissante au monde et ce soir, ça ne coûte rien et, ce soir, vous me rendez reconnaissante »). Il est vrai que, sanglée sans un legging en cuir noir et vêtue d ‘un top vert, elle a fière allure. Alternant le piano électrique – elle reprend un morceau après s’être gaufrée au début – et la guitare acoustique, elle s’assied tantôt en tailleur sur le devant de la scène ou bien se met à l’aise, les jambes bien écartées en mode « Basic Instinct ». Manifestement, elle s’est bien remise de ses soucis médicamenteux l’ayant obligé à repousser sa tournée de 2023.

High energy

Mais c’est sans nul doute quand elle est au plus près du public qu’elle déclenche les applaudissements les plus nourris, en distribuant moult hugs, poignées de mains, bises et checks. D’ailleurs, sur le très sexuel Suga’n’my bowl (« Juiced up and doubled down, Didn’t come to dick around, So get it up and lay it down, … ») elle se pavane dans les travées de l’amphithéâtre, dodelinant des épaules avant d’enjamber les sièges et de se trémousser lascivement sur les genoux d’un spectateur qui n’en demandait pas tant.

Mais le show a connu aussi ses moments d’émotions (Drunk on Valentine) et de calme, notamment avec une très belle reprise country de Country Roads (John Denver). Alors que survient un temps de flottement causé par un souci technique au moment d’électrifier la contrebasse de Tom Lilly, Beth empoigne sa guitare et se lance dans l’interprétation d’un morceau en cours de création pour le plus grand bonheur du public.

Hart avait publié un album fantastique de reprises du Dirigeable en 2022. Et sans nul doute, le moment de bravoure intervient dès que retentissent les premières notes de Kashmir. Seul hic, 1heure 45, c’est finalement plutôt court et on aurait aimé plus de morceaux entraînants, du calibre de Bang Bang Boom Boom (non présent sur la setliste de la régie…). See you again soon, belle Beth !

 

Reportage, interview, photos et vidéos : Patrick Ducher

Setliste : 1. Bath bass 2. Sinners prayer 3. Delicious Surprise 4. Let’s get together 5. Jazz man 6. Never underestimate a gal 7. Baddest blues 8. I’ll take care of you 9. Don’t call the police 10. Sugar in my bowl 11. Bad woman blues 12. Bang bang boom boom 13. Drunk on Valentine 14. This old building 15. Broken & ugly 16. Lullaby of the leaves 17. Kashmir 18. No quarter babe 19. Country roads Nota – la setliste fournie par la régie diffère de ce qui a été joué sur scène. Il y a donc eu une part d’impro, ce qui est réjouissant 😉

 

Concert filmé à l’Olympia en 2020 

Larges extraits du concert :

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