C’est un monument de l’art contemporain que vous pouvez encore découvrir pour 2 weekends, jusqu’au 29 septembre, à la galerie Caladoise Le 116art : Marc Pessin.   Regard et plissement, exposition exceptionnelle est la 7e de l’opération “10 ans, 10 artistes, 10 œuvres”, qui célèbre toute l’année 2018 les 10 ans de la galerie.

 

Pour bien mesurer l’événement que représente l’exposition de Marc Pessin, il faut obligatoirement passer par l’étape portrait de l’artiste.

Né en 1933, Marc Pessin est graveur, sculpteur, peintre, céramiste, écrivain, éditeur, mais aussi “archéologue” : il est l’inventeur d’une langue et d’une écriture de 1200 signes, constituée de hiéroglyphes et signes alphabétiques.

Jean-Yves Loude par Marc Pessin

L’ethnologie et écrivain Jean-Yves Loude, anamorphosé par Marc Pessin

Cette écriture reproduite sur des parchemins, des cylindres et tablettes (en terre) n’est qu’un des éléments de la Civilisation Pessinoise que l’artiste invente de toute pièce.  “Il créé fossiles, vestiges de civilisations antiques qu’il va jusqu’à enterrer en organisant ensuite des fouilles avec des amateurs… et de vrais archéologues. Cela lui a valu s’être traité de faussaire. Ce qui, précise Jean-Marc Revy, directeur du 116art, l’a beaucoup amusé !”

Cette vraie fausse civilisation, vraisemblable dans la mesure où la réalité se greffe sur la vérité historique et géographique des lieux, est étudiée dans 41 ouvrages, que Marc Pessin réalise avec, entre autres, l’écrivain Michel Butor.

Cette œuvre gigantesque est l’origine du Centre d’archéologie pessinoise, atelier de l’artiste. Ce bâtiment a été construit en 1965 sur les hauteurs de Saint-Laurent-du-Pont dans le massif de la Chartreuse, par les architectes Goubet et Duboin, à partir de d’une maquette de Marc Pessin.

En 1965, aussi, il fonde sa maison d’édition : Le Verbe et l’Empreinte. Plus de 1200 titres y sont édités, avec les plus grands de la littérature et poésie du XIX° et XX° siècles : Marguerite Yourcenar, Paul Eluard, Leopold Sédar Senghor, François Cheng (de l’Académie française), Michel Butor…

Marc Pessin a exposé aux quatre coins du monde : Moscou, Berlin, New-York, Londres, Tokyo, Montréal, Paris, etc… dans des lieux prestigieux tout comme dans des espaces plus modestes.

“En tant que graveur, explique Jean-Marc Revy, il a utilisé toutes les techniques pour mordre le métal : poinçon, burin, pointe sèche, acide et même, laser. On peut dire qu’il a fait entrer la gravure dans le champ de l’art contemporain, en l’ouvrant à l’abstraction, à la géométrie des formes, à la fluidité des lignes.”

Pour les œuvres présentées au 116art, il a utilisé le principe de l’anamorphose, c’est à dire la déformation d’une image, par la technique de la translation. À partir de photos de l’artiste photographe Joseph Caprio, qui exposera dans la galerie en 2020, il produit l’œuvre finale par un travail artisanal de découpage et collage.

Malheureusement, les œuvres exposées ne reflètent qu’une petite partie du travail commencé par l’artiste, Marc Pessin ayant été victime d’un gros problème de santé.

Infos pratiques pour visiter le 116art