SATE – Redblack & Blue

SATE - Redblack & BlueChronique de Patrick Ducher

Lenny Kravitz version fille ? Un mix entre une Eartha Kitt énervée et Grace Jones (checkez la superbe cover du disque), une Macy Gray croisée avec Brittany Howard (Alabama Shakes) ? Comment définir la musique de Sate ? Elle se réclame pêle-mêle de Jimi Hendrix, Funkadelic, Big Mama Thornton, Bessie Smith, Black Sabbath, Screamin’ Jay Hawkins, Muddy Waters ou encore Sly & The Family Stone.

D’abord, il faut s’accrocher pour écouter Redblack & Blue, son tout premier opus, même si le quotidien canadien Globe & Mail l’a désigné comme étant l’un des albums les plus attendus de 2016. Pourquoi ? Elle est à donf’, tout le temps – sauf peut-être sur le titre central The answer ou un piano tente de l’apaiser un peu. Elle HURLE… mais de façon mélodieuse. La guitare omniprésente de Ricky Tillo – il a joué pour Lady Gaga mais ceci n’explique pas tout – ponctue les vociférations de cette “tornade” qui conjugue punk, blues, rock et soul.

Sur Live on your love, on pense à une reprise de Come Together des Beatles à cause du riff de basse introductif, mais la voix âpre a vite fait de détromper l’auditeur. Sur Mama talk to me, Sate semble implorer une mère distante, de façon plus violente que Peter Gabriel et son poignant Come talk to me. Un timide piano donne une touche groovy par moment, mais le martèlement métronomique de Tony Rabaleo (batterie) a vite fait de recadrer le beat dans le droit chemin.

Quand arrive Peace, l’auditeur pense pouvoir souffler enfin. “Give peace to all the ones I love, Peace guide me on this road” sussure la diva black sur un clavier lancinant. Avant de se lancer dans une déclamation en mode symphonique “heavy”. Elle veut la paix, bordel !

En fait, on se dit que c’est sur scène que le disque prend toute sa mesure. Déjà, Sate est sexy en diable, telle une mutante de Gail-Ann Dorsey (bassiste de Bowie) et de Tina Turner – et sur les tubes Feel et Know my name, on a une seule envie, se trémousser et faire du headbanging ! Comme durant les rares dates françaises de cet automne durant le Dirty Greasy Sweaty Tour.

(C) Patrick Ducher

Pour vous procurer l’album : Cristal RecordsOuch ! Records