Teddy Ted 1899 Deadstone, un inédit de Forton et Cottarel

Teddy Ted 1899 Deadstone, un inédit de Forton et Cottarel

Un western crépusculaire et nostalgique imaginé par Gerald Forton et Philippe Cottarel (éditions Hibou, 2021)

Par Patrick Ducher

Beaucoup de garçonnets français des Trente Glorieuses [et de fillettes ! ndlr😀] ont forgé leur culture BD avec des illustrés tels que Spirou, Tintin, Mickey mais aussi Pif Gadget. C’est précisément dans les pages de l’hebdomadaire des éditions Vaillant qu’est né « Teddy Ted », un fringant cowboy solitaire. Plusieurs dizaines de récits ont été publiées entre 1963 et jusqu’en 1975. L’éditeur belge Hibou a eu la bonne idée de rééditer plusieurs histoires.

Et voilà que le héros revient dans un récit inédit imaginé par Philippe Cottarel. Ce dernier a proposé un scénario au dessinateur originel (à partir de 1964), Gerald Forton – dont le grand-père Louis a créé les fameux Pieds Nickelés. C’est Bob Morane qui a réuni initialement les deux compères. En effet, Forton a dessiné plusieurs histoires du héros créé par Henri Vernes, notamment « La vallée des crotales » ou « L’Epée du paladin » que le scribe a découvert dans un magazine féminin que lisait sa grand-mère ! Quant à Cottarel, il a imaginé le personnage de « Caro », qui évolue dans l’univers des romans de Richard Colombo, le duo étant adoubé par Vernes en personne.

Philippe Cottarel (g.) et Patrick Ducher (Photo : Yannis Cottarel)

Philippe Cottarel (g.) et Patrick Ducher (Photo : Yannis Cottarel)

« Reprendre un personnage est un processus très casse-gueule » me confiait Philippe lors d’un après-midi passé dans son antre. « Faut-il plaire aux fans, au créateur originel, suivre son instinct… ? ». Justement, l’histoire est née de multiples échanges via Skype et Messenger entre la Normandie – où il réside – et le ranch californien de Gerald.

« Les premiers crayonnés remontent à janvier 2017. Je n’ai consulté qu’assez peu de récits originaux, plus pour m’imprégner d’une ambiance car je ne suis pas un expert du western. Au final, j’ai suivi mon envie : raconter une histoire de cow-boys ! » m’a raconté Philippe. De son côté, Forton est viscéralement attaché à la véracité des postures, des gestes, des mouvements. A 90 ans, le bonhomme continue de monter régulièrement à cheval ! Ce n’est pas n’importe qui : il a été storyboardeur à Hollywood notamment sur les films Prince Vaillant et Toy Story 1.

Là où les récits d’antan de Teddy Ted restaient de facture classique, cette histoire-là est plus « adulte ». Il y a bien sûr des revolvers, des méchants et de belles héroïnes, mais le héros a bien vieilli. Il apparaît nostalgique, voire mélancolique et on en découvre petit à petit l’explication. L’encrage, très appuyé, de Cottarel dramatise la teneur de l’histoire qui se lit avec plaisir.

La BD existe en deux versions : tout d’abord l’édition standard, avec une couverture souple (19€). Je recommande chaudement la (luxueuse) édition cartonnée (79€). L’objet en lui-même évoque les BD d’antan, avec son joli dos toilé rouge. Ensuite, cette édition comprend des ex-libris signés par les auteurs, une interview exclusive réalisée par Rémy Gallart et un album de 60 pages composé du storyboard, du récit crayonné intégralement par Gerald Forton et de divers croquis.

Extrait du story board de Teddy Ted 1899 Deadstone

Un extrait du storyboard

A cet égard, le storyboard donne une « vue de l’intérieur » fascinante sur le déroulé du récit. C’est Forton qui a mis en scène le scénario imaginé par Cottarel qui, ensuite, en a réalisé l’encrage. C’était une première pour Forton. Je recommande personnellement la lecture de l’album en alternance avec le storyboard. On repère ainsi quelques petites digressions microscopiques et pourtant pleines de sens. Nota : on peut commander le storyboard séparément (20€).

Plus d’infos sur le site de l’éditeur (Hibou) :

« Le Pangolin déconfiné », ou comment tirer partie des conséquences d’un vilain virus

« Le Pangolin déconfiné », ou comment tirer partie des conséquences d’un vilain virus

Vous connaissez bien Patrick Ducher sur ce site : il nous régale chaque fois que possible de ses comptes-rendus de concerts… souvenirs d’un temps déjà lointain. Journaliste d’entreprise de profession, Patrick, fan de la série Le Prisonnier est notamment l’auteur d’un recueil de plus de 200 citations de Patrick McGoohan intitulé Je ne suis pas un numéro. Lors du précédent confinement, il s’est lancé dans la réalisation d’un journal de voyage musicalo-poétique et visuel dans son quartier lyonnais : Le Pangolin déconfiné, 60 pages d’impressions sensibles et conseils musicaux avisés.

« Depuis le printemps passé, je marche chaque jour au moins 8 000 pas – environ 5 à 6 kilomètres – quelles que soient les conditions climatiques. Passée la première semaine de sidération, je me décide à remettre le nez dehors dans les limites imposées par le confinement : une heure par jour dans un rayon de 1 kilomètre. Au début, il s’agit d’allers-retours dans mon quartier, entre le 3ème et 6ème arrondissement de Lyon. Petit à petit, je prends des chemins de traverse : rues parallèles ou perpendiculaires, changements de circuits pédestres, boucles. Je redécouvre une architecture à laquelle je ne prêtais plus attention, un mobilier urbain, des interstices de vies parallèles. »

Le Pangolin déconfiné - Cours Lafayette
Le Pangolin déconfiné – Le Cours Lafayette

C’est ainsi que débute la balade de Patrick… Au fil des pages il nous emmène avec lui, dans ses promenades quotidiennes d’homme confiné respectant scrupuleusement les règles. C’est bien connu les restrictions stimulent la créativité, cf le code Hays et le cinéma américain ! Dans son quartier, 6e et du 3e arrondissement de Lyon, le kilomètre imposé l’invite à humer l’atmosphère, à ouvrir l’œil, à photographier l’incongru, le beau, le troublant, l’ignoré, le pas si banal.

Le Pangolin déconfiné : 55 photos, 55 disques et 55 citations, pour 55 jours de confinement

Parallèlement, sur sa page Facebook, chaque jour il partage un album de chevet, assorti du commentaire qui va bien, parce que, pour Patrick, la musique et les mots sont indissociables…

Son Pangolin déconfiné met en page ses trouvailles de promenade et son voyage dans sa discothèque, le tout agrémenté de citations glanées collectées au gré de ses lectures, de Friedrich Nietzsche (« La vie sans musique est tout simplement une erreur, une fatigue, un exil. ») et Willy Ronis (« Il y a un vrai plaisir à trouver la place juste, cela fait partie de la joie de la prise de vue, et c’est quelquefois aussi un tourment, parce qu’on espère des choses qui ne se passent pas ou qui arriveront quand vous ne serez plus là. ») en passant par Johnny Rotten (« Il y a des leçons qui doivent toujours être apprises : compter sur soi, ne pas s’apitoyer et rester en dehors du système ») ou Jean-Marie Gourio (« Le tissu social ne sert à rien si on n’en fait pas des vêtements chauds »).

En tout, 55 photos, 55 disques et 55 citations, pour 55 jours de confinement… La bonne nouvelle est qu’avec ce deuxième (ou second ?) confinement Patrick a repris l’exploration de sa collection de disques sur Facebook. Alors bientôt un tome 2 du Pangolin déconfiné ?

Autre bonne nouvelle, Le Pangolin déconfiné est téléchargeable gratuitement sur son site. Le Pangolin déconfiné, à lire en écoutant  la playlist Deezer que Patrick a concocté spécialement pour Cineartscene (ci-dessous).

Emmanuelle Blanchet

Doc quoi de 9 : c’est parti pour 3 semaines !

Doc quoi de 9 : c’est parti pour 3 semaines !

La 11e Biennale du documentaire, Doc quoi de 9, se déroule au cinéma Les 400 Coups de Villefranche du 4 au 24 mars. Au programme : des avant-premières, des invités, des soirées spéciales. Et surtout un panorama varié de l’état du monde vu par les meilleurs documentaristes.

Doc, quoi de 9, 11e du nom, fête cette année son 20e anniversaire, alternance avec le festival Féminin Pluri’elles oblige. Pour l’occasion, ce sont 14 longs métrages, 3 courts métrages, des avant-premières, des invités, notamment le cinéaste Nicolas Boukhrief, des séances débat, des séances dédiées au jeune public, mais aussi du documentaire de patrimoine avec deux films mythiques – Nanouk l’Esquimau et Le Temps du ghetto – qui sont proposés.

affiche du film Botero

La soirée d’ouverture ce 4 mars est consacrée à la peinture avec Botero, film de Don Millar (Canada, Colombie ; 2020), introduit par une présentation de Guy Reynaud sur la manière dont le cinéma a abordé la peinture. Philippe Merlo-Morat, agrégé, professeur des Universités à l’université Lumière Lyon 2, spécialiste des arts et littératures (domaine hispanique) et président de La Villa Hispanica à Cogny, présentera l’œuvre de Botero, artiste le plus exposé au monde.

Parmi les huit autres séances spéciales programmées citons celle du mardi 10, à 20h. Le professeur d’histoire Bruno Fouillet présentera ce monument de la mémoire qu’est Le Temps du ghetto de Frédéric Rossif (1961), l’histoire du ghetto juif de Varsovie, depuis sa création jusqu’à la sanglante répression de 1943, lorsque sa population se souleva contre la barbarie des nazis. Réalisé par un des maitres du documentaire français, le film mérite d’être redécouvert, notamment par les jeunes générations, sur grand écran.

Doc quoi de 9, huit séances spéciales

Mercredi 11, à 18h30, le film Empathie du réalisateur espagnol Ed Antoja (Espagne ; 2020) sera présenté en avant-première. Son thème : Ed doit réaliser un documentaire sur le bien-être animal pour tenter de faire bouger l’opinion publique. Complètement étranger à cette question, il va d’abord s’immerger dans le monde de la cause animale et du véganisme. Cette aventure singulière va remettre en question ses habitudes de
consommation et son mode de vie… mais jusqu’à quel point ?

Etant donné la thématique, la séance sera suivie d’une dégustation conviviale de mets vegan proposés par Charline et Carole du Foxy Factory, la cantine végétalienne de Villefranche. Attention, cette séance se fait sur inscription (Soit au guichet du cinéma, soit sur son site) pour des raisons évidentes de préparation !

Le 20, à 14h30, Nicolas Boukhrief, réalisateur notamment de Cortex et de Le Convoyeur viendra présenter Nanouk l’Esquimau de Robert J. Flaherty (1923), l’un des films qu’il conseille dans son ouvrage 100 Grands films pour les petits. A 18h, il sera à la médiathèque pour parler de ses films et de sa cinéphilie. En soirée, il présentera son dernier film en date, Trois Jours et une vie.

Le 23, la journaliste Laura Caniggia, venue spécialement d’Argentine, présentera le film Femmes d’argentine de Juan Solanas (Argentine, France, Uruguay ; 2020) sur le combat des féministes de ce pays pour la légalisation de l’IVG.

A ne pas manquer aussi, même si programmés sans animation, trois documents exceptionnels : Cyrille, agriculteur, 30 ans, 20 vaches, du lait, du beurre, des dettes de Rodolphe Marconi (France ; 2020), La Cravate de E. Chaillou, M. Thery (France ; 2020) et Le Capital au XXIe siècle de J. Pemberton, Thomas Piketty (France, Nouvelle-Zélande ; 2020), tiré de l’ouvrage à succès de l’économiste, et présenté en sortie nationale.

Programme complet sur le site du cinéma Les 400 Coups

Deux ouvrages pour (re)découvrir l’histoire de Villefranche

Deux ouvrages pour (re)découvrir l’histoire de Villefranche

Tous les ans, depuis près d’un siècle et demi, la fête des Conscrits de Villefranche déverse sa vague d’hommes en noir et jaune mimosa le dernier dimanche de janvier. Cela méritait qu’on se penche sur son histoire. Jean-Jacques Pignard, agrégé d’histoire et maire de la ville durant trois mandats, s’en était magistralement chargé. Publié en 1988, son ouvrage, depuis longtemps introuvable en librairie, vient d’être réédité par les éditions du Poutan, avec de nouvelles illustrations.

Couverture de Les Conscrits de Villefranche en Beaujolais

Si la réédition des Conscrits de Villefranche en Beaujolais en ce début d’année, est un véritable événement, c’est que Jean-Jacques Pignard s’y était toujours refusé, par manque de temps pour une réactualisation, et par crainte de trahir l’esprit de l’original. Jacques Branciard, directeur des éditions du Poutan l’a finalement convaincu en lui proposant tout simplement de reprendre le texte original… qui se suffit largement à lui-même.

On entre dans le livre comme dans un roman. Divisé en trois parties, l’ouvrage relate l’histoire de la fête, liée à la conscription et au tirage au sort, qui, durant tout le XIXe siècle, décidait qui ferait ou non son service militaire. En expliquant pourquoi Villefranche s’est singularisé des autres villes de France : c’est ici et nulle part ailleurs, en 1882, que les plus âgés ont commencé à se joindre à leurs cadets. Pour commémorer tous les dix ans leur propre tirage au sort. Sans doute aussi pour profiter eux aussi des festivités, qui au fil du temps prennent de plus en plus d’ampleur, en se codifiant.

Ces codes, justement, sont étudiés en détail par Jean-Jacques Pignard. Retraite au flambeau, costume, cocarde, couleur des rubans, gibus, bouquet, chanson de la classe, jour des femmes, vague, discours, banquet, retinton, enterrement, mardis des lycées… Tout ce vocabulaire de la fête qui parle au cœur de chaque caladois est passé en revue avec de nombreuses et riches anecdotes. On s’attardera, entre autres, avec délice sur les descriptions des impressionnants menus.

Le livre s’achève sur des réflexions sur le sens profond de la fête, son côté mélancolique et tragique, mais aussi sur son devenir et son aspect économique.

Villefranche-sur-Saône, une histoire en Beaujolais : la somme qui manquait sur l’histoire de Villefranche.

Couverture de Villefranche sur Saône une histoire en Beaujolais

En complément de ce livre, ou pour les passionnés d’histoire locale et de beaux ouvrages, les éditions du Poutan ont publié à l’automne dernier un autre incontournable : Villefranche-sur-Saône, une histoire en Beaujolais, signé Philippe Branche et Jean-Philippe Rey. Très richement illustré par les photos de Alain Jean-Baptiste et de très nombreux documents, avec une mise en page originale – qui permet notamment de découvrir maison par maison toute la rue nationale – cet ouvrage est la somme qui manquait sur l’histoire de Villefranche.

Les deux auteurs, historiens émérites – Philippe Branche, membre de l’Académie de Villefranche, travaille à la maison du Patrimoine et est le meilleur spécialiste des fonds documentaires et iconographiques consacrés à la région, Jean-Philippe Rey est édité chez Perrin où il a notamment pris la suite de Jean Tulard – ont aussi fait appel à différents spécialistes de l’histoire locale : Jacques Branciard, Jean-Claude Durand-Boguet, Jeanine Meaudre, Laurence Petit, Daniel Rosetta, Michel  Rougier, Simone Vogelgesang.

Contrairement à la majorité des précédents ouvrages consacré à Villefranche, ils ne font pas débuter son histoire à sa création officielle au début du XIIe siècle par les sires de Beaujeu. Ils remontent à la préhistoire : dans le secteur de Béligny, qui ne sera intégré à la ville qu’en 1853, on a trouvé des restes d’animaux préhistoriques, mais aussi des vestiges gallo-romains. Ils redonnent aussi de l’importance à Limas puisque c’est à partir de son château que le territoire de la ville se forme.

Une étude des grands domaines, Ponbichet, Fongraine, Belleroche, et des quartiers originels, permettent de comprendre, comment la ville s’est structurée, de la fameuse nef du centre historique à aujourd’hui, sous l’influence d’un fort développement économique et urbanistique.

Construit chronologiquement, le livre est résolument pédagogique, pour s’adresser au plus grand nombre. Mais les lecteurs avertis ne sont pas oubliés avec la proposition de nouvelles pistes historiques et de nombreux portraits de personnalités méconnues.  

Emmanuelle Blanchet

Plus d’infos : poutan.fr

Feel of Floyd : Looking for my Generation

Feel of Floyd : Looking for my Generation

C’était ma seconde expérience du tribute Feel Of Floyd après un passage épique – pour cause de chaleur étouffante – à Viriat (01) devant 700 personnes le 14 septembre dernier. Cette fois-ci, la configuration était plus petite (450 personnes dans une salle des fêtes accueillante) à Vonnas (01), mais l’enthousiasme du public restait inchangé.

Feel of Floyd - Vonnas fév 2020

Ce qui m’a marqué, c’est la diversité : sexas, quinquas, quadras, trentenaires mais aussi pas mal d’ados (le spectacle était soutenu par une association d’écoles laïques et une armée de bénévoles). Une bonne occasion de faire découvrir (et perdurer) la musique floydienne. La setlist a été resserrée par rapport au précédent concert – le groupe m’a confié backstage que son élaboration était toujours un sujet délicat… – sans impact sur la fluidité générale du show. L’occasion de souligner le boulot des pros, Christophe Thenon (son) et Yannick Ghignon (lumières), ce qui n’est pas évident dans ce type de lieu.

Signalons la première partie efficace d’un duo de reprises rock-blues (Deep Purple, Led Zep, Dire Straits, mais aussi Bill Deraime et Téléphone) : le duo Frenchy (Eric Potapenko au chant et Guillaume Pocheron à la guitare, qui fait aussi office de backline pour Feel of Floyd).

Le répertoire choisi des Floyd intègre aussi des titres moins courants

Si le répertoire choisi ne surprend pas – mélange de tubes attendus et de morceaux emblématiques – il intègre aussi des titres moins courants tel qu’un Young Lust impeccable, avec une basse furieuse, et Have A Cigar. La recréation du début de Welcome To The Machine est un bel effort.

Au chant principal et claviers, Julien Ferrand se charge à la fois des voix de Gilmour et Waters avec efficacité, soutenu par Xavier Mallamaci, tel un Guy Pratt hurlant sur Run Like Hell. Il ne faut pas oublier Great Gig : la vocalise spatiale a remarquablement tenu le choc grâce à Sabine Garcia, qui assure seule comme une grande ce morceau d’anthologie. Pierre-Victor Ferrand martèle sa batterie avec force, pendant que Xavier Lambert – également aux claviers et à la direction de groupe – se lance dans un solo de sax inattendu sur Another Brick. Et Gilmour, pardon, Nicolas Colomb ? Il assure sans en faire trop. Son Comfortably Numb est sobre, Sorrow est impeccable et Young Lust quasi-hard rock.

Le groupe Feel of Floyd
Les musiciens de Feel of Floyd

Certes, il faut faire abstraction de quelques « pains » : le début de la deuxième partie fut un peu hésitant, avec un Dogs cafouilleux (la faute à une tour de la Battersea en vrac ?), des lyrics qui pataugent parfois en mode yaourt (Sorrow) ou un Astronomy disons bruitiste. On regrettera l’absence de High Hopes 1 et d’un autre titre pré-Dark Side genre… Echoes ? L’ajout d’un morceau de l’album Final Cut constituerait une vraie prise de risque.

Mais il reste que les deux heures et quelques se sont écoulées à la vitesse grand V. Le public, chaud bouillant, était ravi. Les zicos semblent manifestement heureux d’être sur scène et ne se prennent pas le boulard.

Moment de partage backstage très sympathique. Ces amateurs (le bassiste est kiné, le sax sapeur-pompier, le chanteur menuisier de formation…) font preuve d’humilité devant l’œuvre et d’un souci de progression constante. Que demander de plus ? Shine On !

La setlist :
1. Shine On 2. In The Flesh 3. Keep Talking 4. Another Brick 5. Time 6. Great Gig 7. Money 8. Us And Them 9. Coming Back To Life 10. Sorrow 11. What Do You Want From Me // 12. Welcome To The Machine 13. Dogs 14. Have a Cigar 15. Astronomy Domine 16. Brain Damage 17. Eclipse 18. Comfortably Numb Rappel 19. Run Like Hell 20. Young Lust.

Les musiciens :
Chant lead, Claviers : Julien Ferrand ; Saxophone, Claviers, Chœurs : Xavier Lambert ; Chant lead, Choeurs : Sabine Garcia ; Batterie, Chœurs : Pierre-Victor Ferrand ; Guitare : Nicolas Colomb; Basse : Xavier Mallamaci

Photos, vidéos et compte-rendu : Patrick Ducher

Extraits du concert

Musée Paul-Dini :  le Beaujolais en portrait à voir jusqu’au 16 février

Musée Paul-Dini : le Beaujolais en portrait à voir jusqu’au 16 février

Depuis le 19 octobre dernier, le musée Paul-Dini, à Villefranche, propose une exceptionnelle exposition : Beaujolais : arts, hommes et territoires de la Révolution à nos jours. On peut encore la visiter jusqu’au 16 février. Et même gratuitement ce 2 février, premier dimanche du mois.
 
Musée Paul-Dini - Blédine
L’exposition est organisée en collaboration avec le service de l’Animation de l’Architecture et du Patrimoine de Villefranche, à l’occasion de l’obtention du label « Pays d’art et d’histoire » par une large partie du Beaujolais. Elle présente plus de 200 œuvres (peintures, sculptures, affiches et objets).
 
Toutes ces œuvres sont à leur manière des portraits, thème retenu pour évoquer la région. Portraits de personnalités du monde politique, artistique, scientifique ou industriel, portraits d’anonymes aussi. L’ensemble dessine à son tour le portrait du territoire Beaujolais, qui a connu tant de bouleversements depuis la fin du XVIIIe siècle.
 
Le choix des œuvres s’est fait à partir des recherches historiques entreprises par le service de l’Animation de l’Architecture et du Patrimoine et par le musée Paul-Dini dans ses propres collections. Ce qui a permis de lancer une campagne de restauration des œuvres du fond ancien.
 
La scénographie fait dialoguer les œuvres entres elles tout au long du parcours. Dans la salle consacrée à Victor Vermorel, on peut ainsi admirer un portrait de l’inventeur et industriel par le peintre milanais Angelo Morbelli. Mais aussi des photos de vendangeurs ou charpentiers anonymes, ou des affiches publicitaires. Celle de 1912 signée Joë Bridge, pour les automobiles Vermorel vaut à elle seule le déplacement. Son slogan : « Flambés, il a une Vermorel !!! »
 

L’exposition a permis au musée Paul-Dini de lancer une campagne de restauration des œuvres du fond ancien.

 

Autre exemple, le comédien et violoncelliste proche des frères Prévert, Maurice Baquet. Il est représenté à la fois par de remarquables photos originales de son ami Doisneau, et par les clichés du photographe du journal Le Progrès Pierre Eymin, incontournable en Calade pendant une bonne partie de la deuxième moitié du siècle dernier.
 
De salles en salles on (re)découvre ainsi les personnalités du Beaujolais. On découvre Claude Bernard, scientifique et médecin, fondateur de la médecine moderne entre autres, dans une spectaculaire toile de Léon Augustin Lhermitte, de 1889, dont le titre dit tout : La Leçon de Claude Bernard ou Séance au laboratoire de vivisection.
 
Musée Paul-Dini - Clochermerle
Clochemerle par Albert
Dubout
Léon Jacquemaire chimiste et pharmacien de formation a créé la Blédine. Un ensemble d’affiches et d’objets publicitaires montre l’évolution de la stratégie promotionnelle de l’entreprise qui faisait appel à des artistes ou photographes reconnus, tels Blanc et Remilly.
 
On doit à ces derniers un portrait de l’écrivain Gabriel Chevallier, auteur du fameux Cochemerle. Dans la salle qui est consacrée à l’auteur, on peut aussi voir un dessin du village de Clochemerle (inspiré entre autres par Vaux-en-Beaujolais), signé de Albert Dubout, ainsi que l’affiche du film inspiré du roman, réalisé par Pierre Chenal.
 
Parmi les nombreuses autres merveilles de cette exposition, des œuvres de peintres originaire du Beaujolais ou y ayant vécu, tel Charles Pinet, né à Cogny et qui fut élève de Gustave Moreau, Jean Couty, Hubert Munier ou Suzanne Valadon. Un temps propriétaire du château de Saint-Bernard, elle y venait avec son mari André Utter et son fils Maurice Utrillo.
 
À l’occasion de cette exposition, un passionnant catalogue de 112 pages, avec 100 illustrations a été publié sous la direction de sa directrice Sylvie Carlier. Deux visites commentées sont encore programmées, les 9 et 16 février.
 
Plus d’informations : http://musee-paul-dini.com/
 
Emmanuelle Blanchet

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